24.12.2009, 12:59

L'horlogerie profitera assez vite de la reprise mondiale

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Par FRANÇOISE KUENZI

L'économie mondiale va-t-elle reprendre du poil de la bête en 2010? Avec quels effets sur l'industrie horlogère? L'analyse de Jean-Paul Jeckelmann, directeur des investissements de la Banque Bonhôte et Cie, établie à Neuchâtel, Bienne, Genève et bientôt Berne.

Jean-Paul Jeckelmann, pensez-vous que l'économie confirmera son redressement en 2010?

L'économie devrait renouer avec la croissance en 2010, mais certains facteurs risquent de rendre cette reprise un peu chaotique. Ainsi, les plans de stimulation des gouvernements vont prendre fin. Il faudra voir si le moteur démarre vraiment ou continue de tousser...

Faut-il craindre un retour de l'inflation?

De nombreux pays touchés par la crise du crédit ont fait marcher la planche à billets et il peut y avoir des craintes d'explosion des masses monétaires. Mais tout cet argent n'est pas mis en circulation. En fait, les banques ne prêtent pas. Aussi longtemps que le taux de rotation de la monnaie n'augmente pas, nous ne craignons pas de retour de l'inflation. Et les banques ont beaucoup de moyens à disposition pour retirer la liquidité excédentaire: hausse des taux, vente d'or notamment.

On pensait au début de la crise que la Suisse serait épargnée. A voir le recul des exportations et le chômage, elle a été touchée plus durement que prévu, non?

En fait, la Suisse a été moins touchée que de nombreux pays. Nous n'avons pas connu de crise de l'immobilier et le taux de chômage, même en hausse, est encore à un niveau raisonnable.

Ce n'est pas ce que pensent beaucoup de travailleurs au chômage dans l'Arc jurassien...

C'est vrai: l'horlogerie est frappée de plein fouet. Le coup d'arrêt a été d'autant plus violent que la croissance avait été très forte. Quand vous passez d'une croissance de 15% à un recul de 25%, vous faites le grand écart. Quelque part, c'est une leçon pour le canton de Neuchâtel, parce que cette crise montre qu'il est encore très dépendant de l'industrie horlogère. Cela montre qu'il faut poursuivre l'effort de diversification.

L'industrie horlogère devrait-elle rapidement profiter de la prochaine reprise, ou pensez-vous que les consommateurs de produits de luxe vont retarder leurs dépenses?

L'horlogerie est un bien de consommation et même s'il s'agit de luxe, elle fait partie des biens ayant une corrélation forte avec l'économie. Cela signifie que toute reprise de l'économie va amener à une reprise de ce secteur. Contrairement à d'autres branches, comme la machine-outil, où le temps de réaction est nettement plus long.

Faut-il s'attendre dans l'avenir à des crises économiques ou financières plus rapprochées?

Dans un monde où tout est interdépendant et où les informations se transmettent en temps réel, il faut s'attendre à plus de volatilité et à des réactions plus fortes des marchés. L'élément nouveau de cette crise, c'est que tout s'est arrêté en même temps.

La finance va-t-elle devenir plus éthique à l'avenir, ou la fin de la crise va-t-elle sonner un nouveau départ en avant?

Les investisseurs veulent désormais comprendre ce qui se passe. Les produits structurés sont bien moins prisés, on cherche des produits présentant de la clarté et de la simplicité. Quant à la clientèle, elle aura sans doute des attentes plus raisonnables et comprendra qu'elle ne peut pas exiger un rendement sur les actions de 15% par an.

Pour vous, une des surprises de 2010 pourrait venir du dollar?

Oui, c'est l'un de nos postulats: un potentiel regain de confiance et un renforcement du dollar. Les derniers chiffres de l'emploi aux Etats-Unis, meilleurs que prévu, ont d'ailleurs eu des répercussions immédiates sur le dollar. Cela pourrait être la surprise de 2010. /FRK


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