29.12.2009, 04:15

«Swiss made» renforcé pour plus de crédibilité

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L'horlogerie suisse attend énormément du renforcement prochain du «Swiss made». Le secteur veut en finir avec une définition jugée trop laxiste pour l'heure. Il en va de la crédibilité des produits, estime Jean-Daniel Pasche, président de son association faîtière.

«Il ne s'agit pas de protectionnisme. Simplement, il faut appeler un chat un chat», clame Jean-Daniel Pasche. La Fédération de l'industrie horlogère suisse (FH) soutient, avec plus de 80% de ses membres, la révision législative «Swissness», que le Conseil fédéral a transmise au Parlement en novembre dernier.

Selon le président de la FH, «c'est le bon moment», à l'heure où certains doutes de consommateurs se font jour ici ou là. Si rien n'est entrepris, il y a un risque réel de tuer le concept en permettant la poursuite de l'érosion lente, mais inexorable de la marque suisse («Swiss made»). Un enjeu majeur pour les horlogers.

C'est pourquoi la FH s'investit pour voir adoptés des critères plus sévères. Jean-Daniel Pasche mise sur l'expérience du secteur, notamment la lutte anticontrefaçons, pour protéger à long terme un label suisse qui, globalement, pèse plus de 1% du produit intérieur brut (PIB) suisse par an, soit près de six milliards de francs.

L'association faîtière salue ainsi le taux minimum de 60% du prix de revient du produit qui doit être réalisé en Suisse, coefficient retenu par le Département fédéral de justice d'Eveline Widmer-Schlumpf. Le calcul intègre nouvellement les coûts liés à la recherche et au développement.

La FH compte porter le taux à 80% pour les montres mécaniques, en actionnant la capacité laissée à la branche pour affiner les critères dans une ordonnance spécifique. Celle-ci comprendra le prototypage et la construction technique, outre les critères traditionnels du mouvement, de l'assemblage et du contrôle final.

Une aubaine, se réjouit Jean-Daniel Pasche, selon qui «l'on va tout droit dans le mur si l'on continue avec la pratique actuelle». Il n'existe pour l'heure aucune limite de valeur pour les montres. On ne considère que le mouvement, dont 50% doit être d'origine suisse.

«Ce qui, selon les cas, peut ne représenter que très peu dans la valeur finale de la montre», déplore-t-il. Au-delà, la loi révisée, si elle est adoptée, ouvrira les portes de l'enregistrement international (système de Madrid) à la marque géographique suisse.

Il sera dès lors plus facile de déposer des «Certification marks» (Swiss, Swiss made) à l'étranger, seul moyen d'obtenir une protection efficace dans les pays anglo-saxons. La FH a déjà engagé ce type de procédure à Hong Kong et aux Etats-Unis, les deux premiers débouchés à l'exportation.

La procédure a toutefois duré plus de sept ans. Et elle a engendré des coûts importants, faute de pouvoir s'appuyer sur le système de Madrid. /ats


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