19.07.2019, 15:49

Le Swiss made, un argument pour de jeunes marques

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Deux jeunes marques de montres mettent en avant le fait de passer uniquement par des sous-traitants helvétiques.

Horlogerie Deux jeunes marques de montres insistent sur leur fabrication Swiss made. Leurs fondateurs, l’un en France, l’autre en Espagne, mettent en avant le fait de passer uniquement par des sous-traitants helvétiques. Une façon de se démarquer, alors que la loi qui fixe le Swiss made à 60% de la valeur de la montre, reste peu connue des consommateurs.

«Je suis pour une fabrication conforme à ce qui est annoncé, sinon cela me paraît tromper le public». C’est ainsi que Lionel Bruneau, à la tête de la marque de montres Ultramarine, joint par AWP, a expliqué sa démarche.
En matière de Swiss made, le seuil établi par la loi fixe à 60% le taux minimum de valeur suisse pour les produits industriels, dont les montres. Lionel Bruneau assure atteindre 100% fait en Suisse, ce qui fera la différence face à la concurrence selon lui.

«Le rapport qualité-prix pour du vrai Swiss made est imbattable, avec une marge qui est inférieure à fois deux. Les autres marques dans ma zone de prix font appel à la sous-traitance asiatique», a-t-il assuré.

Il ne tape pas pour autant sur l’industrie chinoise. «A part les mouvements, on peut faire sensiblement la même qualité en Chine car ce sont les mêmes machines et les Chinois ont engagé des Suisses pour encadrer leur personnel. Mais ce n’est pas un produit suisse».

Depuis l’Espagne, le Britannique Matthew Cule, collectionneur de montres, a lancé la marque CuleM Watches, un garde-temps de voyage. En mai, il a lancé une campagne sur la plateforme de financement participatif Kickstarter et récolté 70’000 euros.

«Mon entreprise précédente était en Chine, je n’ai eu que des bonnes expériences. Mais pour mes montres, tout est fait en Suisse, je travaille avec Walch à Bienne. L’entreprise s’occupe de tout le processus, le design de la montre, le travail avec les fournisseurs,… Le mouvement est suisse.»

Un bon compromis

Contacté par AWP, Jean-Daniel Pasche, président de la Fédération de l’industrie horlogère suisse rappelle que lors de la révision de la loi, «la FH avait proposé un taux de 80% pour les produits mécaniques. Mais les autorités suisses avaient estimé que ce taux pouvait s’apparenter à une mesure protectionniste». De plus, «certaines entreprises trouvent le taux de 60% trop sévère, d’autres pas assez. La solution retenue est peut-être un bon compromis».

Le patron de la FH trouve que «le 100% est un bon argument pour autant qu’il corresponde à la réalité. L’entreprise doit pouvoir démontrer qu’elle respecte ce 100%, sinon c’est trompeur».

Lionel Bruneau joue la carte de la transparence, en livrant la liste de ses fournisseurs: Bouille pour les boitiers (Neuchâtel), Fehr pour les cadrans, Créations Perrin Suisse pour les bracelets cousus main et Cornu pour les boucles (La Chaux-de-Fonds), GMG pour les aiguilles (Le Locle), Eterna Movement Company pour les mouvements (Grenchen), AB Saphir pour les verres (Courgenay), MTK 2.0 pour l’assemblage (Bulle).

Le Français a commencé l’aventure avec 30’000 euros (soit un peu plus de 33’000 francs) et une prévente des 50 premières montres, livrées début avril. Il a fait fabriquer une première fournée de 100 pièces de sa marque, avant une seconde en octobre prochain. «La montre me coûte un peu plus de 1000 francs à fabriquer, dont un mouvement à 400 francs, et je la vends un peu plus de 1800 francs hors taxes», détaille-t-il.

La vente se fait en direct par son site internet, sans passer par un détaillant pour éviter des coûts supplémentaires. «Pour moi, il y a un problème dans la distribution, les montres sont devenues tellement chères.» La première production des garde-temps CuleM atteint 300 montres, vendues également en ligne entre 1240 et 1635 euros (1373 et 1810 francs) hors taxes.

Le 100% suisse a un avenir

Le patron d’Ultramarine est persuadé que «le vrai Swiss made a un avenir économique. Je prends des composants assez haut de gamme, mais on trouve des mouvements à partir de 60 francs. On peut fabriquer une montre suisse à moins de 500 francs. Les grosses marques n’ont pas tellement d’excuses, mais je comprends l’intérêt de la marge et que l’actionnaire soit sur leur dos.» Son objectif est de vendre 300 montres cette année, pour que sa société soit pérenne.

Reste que la définition du Swiss made est mal connue par une majorité de consommateurs, déplore Jean-Daniel Pasch. «Ils attendent d’une montre Swiss made qu’elle soit fabriquée en Suisse. Pour eux, 60% est un minimum.»
Les exportations horlogères, publiées jeudi par la FH ont enregistré la première baisse sensible de l’année en juin, reculant de 10,7% à 1,7 milliard de francs. Les montres-bracelets affichant un prix export entre 500 et 3000 francs ont affiché le plus fort recul, tant en nombre de pièces (-25,5%) qu'en valeur (-20,2%). Sur le premier semestre, les envois vers l’étranger ont toutefois progressé de 1,4% (10,7 milliards de francs).

Claire Kostmann, AWP

ATS

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