02.08.2015, 19:42

Amateurs de ski, parlez-vous «rocker»?

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Par ANNICK MONOD

Issues du freeride, les lattes à bouts relevés se vendent de plus en plus pour la piste. Au point que certains les verraient bien devenir la nouvelle norme. Le rocker, révolution ou marketing?

«Le rocker, c'est comme la carving il y a quelques années: ça va devenir la norme. D'ici cinq ans, les skis traditionnels auront complètement disparu du marché - excepté quelques niches.» Représentant romand de la marque K2, Christophe Zufferey est un inconditionnel de cette nouvelle génération de lattes aux extrémités incurvées vers le haut. Pas étonnant: le fabricant américain revendique la paternité de cette technologie née il y a six ans du freeride, mais qui pourrait conquérir aussi les amateurs de ski de piste. La tendance est là: cet hiver, presque toutes les marques proposent au moins quelques modèles rocker dans leur gamme. Effet de mode ou véritable tournant?

Le rocker, donc, c'est une affaire d'incurvation. Habituellement, les skis sont cambrés sous le pied, et ce sont la spatule (l'avant) et le talon (l'arrière) qui font contact avec la neige. En mode rocker, les extrêmités sont relevées: elles s'écartent du sol de 2 millimètres à peine pour les modèles les plus «soft», alors qu'elles remontent jusqu'à 3 centimètres sur 40 cm de long pour les plus extrêmes. Avantages promis: meilleure skiabilité, facilité de déclenchement des virages, et sorties de courbe sans accrocher la carre.

«En poudreuse, le rocker est vraiment génial», confirme Benoît Rochat, préparateur de skis dans un magasin de sport aux Mosses et fou de freeride. «Il y a beaucoup moins besoin de force ni de se pencher en arrière. Il suffit d'appuyer, et hop!» Sur piste en revanche, il n'est pas convaincu. «Honnêtement, avec le damage actuel, comparé à un bon ski de piste, un rocker ne peut pas s'aligner.» Ce qu'il leur reproche: moins de précision dans les virages, et une spatule «qui vibre terriblement».

Chez K2, 90% de l'assortiment actuel est déjà passé au rocker... et la marque s'active à créer le buzz sur internet à coups de clips vidéo. «Et dès l'hiver prochain, nous ne vendrons plus aucun ski qui ne comporte pas la technologie rocker, à un degré ou un autre», note Christophe Zufferey. Aussi pour la piste? Surtout pour la piste: «Les avantages y sont presque encore plus grands. Sur piste, le rocker est comparable à la direction assistée sur une voiture. C'est un bénéfice pour tous les skieurs, même les très bons», promet-il. Et ces fameuses vibrations? Un désagrément «purement optique», assure-t-il. «En fait, le ski rocker est même plus stable qu'un ski traditionnel.»

Tous les fabricants ne sont pas aussi catégoriques. Le suisse Stöckli, par exemple, ne propose encore aucun modèle rocker. «Nous voulions être sûrs de faire le bon choix», explique Walter Reusser, responsable du département skis de la marque. «Il nous a fallu ce temps pour développer une gamme à neuf et la tester.» Stöckli ne vendra ses rockers que l'hiver prochain - et sans en faire une norme. «Le rocker concerne surtout les amateurs de hors-piste et de freeride», maintient Walter Reusser. «Ça ne touche donc qu'une petite part de la clientèle: la majorité fait de la piste.»

Reste donc à savoir si le public va suivre. «Cet hiver, les rockers ne dépassent pas 10% de la totalité de nos ventes de skis», estime Tom Hug, responsable des skis pour la chaîne Intersport suisse (291 magasins franchisés dans le pays). «Mais ça devrait changer dès l'hiver 2011-2012», prévoit-il. «Car presque tous les fabricants vont offrir des rockers dans diverses gammes d'usages.» Une évolution plutôt qu'une révolution, juge-t-il: «Le rocker facilite le ski, mais il ne change pas fondamentalement la façon de skier.» /AMO - La Liberté

La portance d'un grand

Du rocker pour tous les skieurs hors piste? Là aussi, il faut nuancer, estime Peter Gobet, patron du magasin Bugaboo Sport à Fribourg. «Grâce aux bouts relevés, le rocker a la portance d'un grand ski avec la maniabilité d'un ski court.» Des avantages incontestables dans la haute neige, relève-t-il. Mais qui ne doivent pas faire oublier les autres critères de choix: largeur, rayon, rigidité, etc.

Sans oublier les conditions du jour. «Avec 30 cm de poudreuse, c'est idéal. Mais avec une neige dure ou soufflée, mieux vaudra opter pour un ski classique.» Vu les conditions changeantes d'ici, conclut-il, le meilleur ski est souvent un ski de compromis. Et pour la peau de phoque, qui demande une bonne accroche à la montée, c'est encore une autre histoire... /amo


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