13.05.2019, 00:01

«Les patients réalisent qu’ils se sentent mieux»

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Par par brigitte rebetez

Pour améliorer la qualité de vie et la survie des patients en insuffisance respiratoire, un programme de réhabilitation ambulatoire intensif a été introduit à l’HNE.

V Nouvelle forme de traitement des maladies pulmonaires chroniques, la réadaptation respiratoire multidisciplinaire a pour but d’améliorer les capacités physiques des personnes atteintes et, par conséquent, leur qualité de vie. En début d’année, le Service de pneumologie de l’Hôpital neuchâtelois (HNE) a réformé son cursus de réhabilitation respiratoire en mettant sur pied un programme ambulatoire, pluridisciplinaire et intensif. Le point avec la doctoresse Daphné Du Pasquier, médecin adjointe du Service de pneumologie, Tiziana Russo et Tania Weissenbacher, responsables du programme de réhabilitation respiratoire dans le Service de physiothérapie.

36 séances pour booster la qualité de vie

Une réhabilitation respiratoire intensive, personnalisée et ambulatoire: le programme mis en place à l’Hôpital neuchâtelois comprend 36 séances, soit trois par semaine. Multidisciplinaire, il intègre les dernières recommandations de la Société suisse de pneumologie. La prise en charge dispensée par des pneumologues et des physiothérapeutes comprend un bilan d’entrée, intermédiaire et de sortie. Elle se compose de séances de sport en salle à l’hôpital, d’un volet didactique (pour aider le patient à mieux comprendre sa maladie) et de soutien si nécessaire (mise en contact avec un programme d’arrêt du tabac notamment). «On peut faire intervenir d’autres spécialistes comme un diététicien ou un psychologue, si la personne souffre de problèmes alimentaires ou d’anxiété», précise Tiziana Russo.

Un programme sur mesure

La première séance commence par des questionnaires qui portent sur la qualité de vie, l’état psychique et des tests physiques. A partir de là, un programme individuel est établi. Les séances de sport (30 min d’endurance, 30 min de travail musculaire) se déroulent en groupe (jusqu’à 5-6 patients) dans la salle de sports de l’hôpital, sous supervision d’un physio. «Nous surveillons leur fréquence cardiaque et la saturation en oxygène, ainsi que leur essoufflement», précise Tiziana Russo. La salle est équipée pour alimenter les patients en oxygène: «Certaines personnes en ont besoin pour effectuer les exercices alors qu’elles peuvent s’en passer dans la vie quotidienne. Cela leur permet de faire des efforts plus importants, donc plus de muscles.» Le programme peut être modifié lors du bilan intermédiaire (18e séance) ou à tout moment.

des séances axées sur la remise en forme

«En démarrant la réhabilitation, on explique les enjeux du programme et on demande quelles sont les attentes de la personne, ce qui nous permet de mesurer les progrès accomplis au fil des séances», indique la physiothérapeute Tania Russo. L’exercice physique permet d’améliorer la condition physique et la sensation d’essoufflement. De ce fait, la vie de tous les jours s’en trouvera améliorée. Par manque de souffle, certaines personnes peinent à passer l’aspirateur, porter des courses ou s’habiller. Bouger davantage pourra les aider à accomplir des efforts plus importants. «On espère ainsi obtenir un impact favorable sur la morbidité, la qualité de vie, les hospitalisations (plus courtes et moins fréquentes) et la mortalité», résume la pneumologue.

a qui s’adresse le programme de réhabilitation?

Il est destiné à tous les insuffisants respiratoires sur prescription d’un pneumologue. «Les maladies en cause peuvent être l’asthme, la mucoviscidose, une fibrose pulmonaire ou hypertension pulmonaire, un cancer des poumons. Mais dans plus de la moitié des cas, les patients sont atteints de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO)», énumère la Dresse Daphné Du Pasquier. «Une personne qui manque de souffle va moins bouger, ses muscles s’atrophier et sa condition va encore s’aggraver, c’est un cercle vicieux!» Le programme de réhabilitation vise à améliorer les performances physiques, la qualité de vie et les chances de survie.

et après?

Il est primordial de continuer à bouger! «Après le programme, nous pouvons poursuivre les entretiens une fois par semaine. Nous encourageons les patients à maintenir l’activité physique, que ce soit ici, dans un groupe de walking ou autre de la Ligue pulmonaire, dans un fitness. D’ailleurs, ces personnes se rendent souvent compte qu’elles se sentent mieux au terme des 36 séances de réhabilitation», fait remarquer la Dresse Daphné Du Pasquier. Les physiothérapeutes élaborent un programme pour celles qui souhaitent rester actives par leurs propres moyens. Ils peuvent aussi leur proposer quelques séances individuelles de maintien. Idéalement tous les muscles (haut et bas du corps) doivent continuer d’être travaillés pour préserver les acquis et une meilleure qualité de vie.

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