22.12.2010, 16:07

Le film de Noël est norvégien

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Par RAPHAËL CHEVALLEY

Après la drôle retraite de «O'Horten» (2008) et l'improbable reconversion du héros alcoolique de «Factotum» (2005), le réalisateur norvégien Bent Hamer livre, par le biais d'un film choral, une nouvelle comédie à l'humour nordique et politiquement incorrect. Auréolé du Prix du meilleur scénario au Festival de San Sebastián 2010, «Home for Christmas» se présente comme le vrai film de Noël de cette année.

Passé un prologue sur un enfant kosovar qui dégote un sapin au péril de sa vie, le cinéaste nous amène en Norvège, avec sa dérision coutumière: à Skogli, tout le monde cherche à rentrer chez soi à temps pour Noël. Knut le médecin est appelé pour un accouchement illégal dans une cabane qui évoque la crèche de Bethléem. Après une journée de mendicité, Jordan le clochard n'a toujours pas de quoi se payer le train, tandis que le jeune Thomas ne veut pas laisser seule Bintu, sa copine musulmane qui, logiquement, n'est pas de la fête. Avant de retrouver sa famille à l'église, Kirsten baise fougueusement sa maîtresse Karin. Paul, quant à lui, est mal barré: sa femme l'a flanqué dehors en prenant un amant dès le réveillon, le privant ainsi de ses enfants…

Tiré d'un recueil de nouvelles intitulé «Only Soft Presents under the Tree» (titre que l'on pourrait traduire par «Seulement de doux cadeaux sous le sapin») de l'écrivain norvégien Levi Henriksen, «Home for Christmas» raconte des histoires très «locales». Cependant, à la faveur de dialogues ciselés et de décors enneigés, le film décrit Noël avec une universalité et un kitsch qui lui vont à ravir, et en rappelle les absurdités. Par exemple, les Norvégiens achètent comme nous des sapins produits au Danemark, bien que leur pays en soit recouvert… Approchant l'humour noir sans jamais l'atteindre, Bent Hamer sait rester respectueux de ses personnages qui se démènent. De leur détresse et de la réalité dramatique du prologue surgissent alors le côté sombre et la mélancolie de Noël. Seuls les enfants ont encore l'innocence d'en vivre la magie. Unique réserve, l'auteur du génial «Kitchen Stories» (2003) semble parfois dépassé par la multiplicité de ses protagonistes. En résulte cependant un conte agréable et attachant, idéal en période de fêtes!


Réalisateur:
Bent Hamer
Genre: drame
Durée: 1h30
Age: 12 ans suggéré 14
Avec: Nina Andresen Borud, Trond Fausa Aurvaag
Cinéma: ABC, La Chaux-de-Fonds


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