20.05.2019, 19:04

Autriche: ministre de l'Intérieur limogé, démission de tous les ministres d'extrême droite

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Sebastian Kurz a annoncé lundi la destitution du ministre de l'Intérieur.

Scandale Le chancelier autrichien Sebastian Kurz a décidé de mettre à l'écart le ministre de l'Intérieur d'extrême droite à la suite d'une vidéo montrant le vice-chancelier, son collègue de parti, disant être prêt à accepter de l'argent russe. Tous les ministres d'extrême droite démissionnent.

Le parti d'extrême droite autrichien FPÖ a annoncé lundi la démission de tous ses ministres du gouvernement formé en décembre 2017 avec les conservateurs du chancelier Sebastian Kurz. Cette décision fait suite au limogeage plus tôt du ministre de l'Intérieur Herbert Kickl dans le cadre de l'"Ibiza-gate".

Le ministre des Transports Norbert Hofer, nouveau chef désigné du FPÖ, avait lié la poursuite de la participation gouvernementale du FPÖ au sort de M. Kickl, limogé par M. Kurz après la diffusion vendredi d'une vidéo évoquant des financements russes de cette formation dont il était alors secrétaire général.

"En accord avec le président de la République, j'ai proposé au président de la République de démettre le ministre de l'Intérieur (Herbert Kickl)", a annoncé M. Kurz lors d'une conférence de presse à Vienne.

Cette annonce intervient après trois jours de tumultes politiques consécutifs à la diffusion vendredi, à quelques jours des élections européennes du 26 mai, d'une vidéo datant de 2017 où le patron du FPÖ, Heinz-Christian Strache, se disait disposé à offrir des marchés publics à un oligarque russe en échange de financements occultes.

M. Strache, un allié de la Française Marine Le Pen et de l'Italien Matteo Salvini, a démissionné samedi de ses postes de vice-chancelier et de chef du parti, après 18 mois de coalition avec M. Kurz.

Départ "inévitable"

Le chancelier avait toutefois souligné qu'un départ de M. Kickl lui apparaissait également inévitable, ses fonctions au ministère de l'Intérieur étant selon lui incompatibles avec la conduite d'une enquête sur les propos de M. Strache.

"Il aurait été souhaitable qu'il démissionne comme l'a fait M. Strache", a relevé M. Kurz. M. Kickl s'y étant refusé, il ne restait d'autre solution que le limogeage, a ajouté le chancelier, qui avait auparavant expliqué que "M. Kickl ne peut pas enquêter sur lui-même".

Ce départ était d'autant plus nécessaire que M. Kickl, 50 ans, considéré comme le stratège du parti, était "secrétaire général et avait la charge des finances" du FPÖ au moment des faits évoqués, a relevé M. Kurz. Selon lui, l'intéressé "n'a pas pris la mesure" du scandale provoqué par l'Ibiza-gate, du nom de la ville des Baléares où a été tournée la vidéo qui a piégé M. Strache.

Probables démissions

Le ministre des Transports Norbert Hofer, nouveau chef désigné du FPÖ, avait prévenu dans la matinée qu'un limogeage de M. Kickl se traduirait par le départ des quatre autres ministres de ce parti.

M. Kurz a précisé que si ce scénario se confirmait il demanderait au président de la République Alexander Van der Bellen de nommer des "experts" aux postes laissés vacants. Le chancelier avait annoncé samedi convoquer des législatives anticipées à la suite de cette crise politique, un scrutin a priori prévu pour septembre.

 

ATS

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