30.12.2010, 11:58

La Suisse reconnaît officiellement l'élection de Ouattara

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La Suisse a reconnu officiellement hier l'élection d'Alassane Ouattara à la présidence ivoirienne. Deux manifestations ont eu lieu dans la matinée dans les deux ambassades ivoiriennes sises en Suisse, celle de Berne, et celle installée à Genève pour l'ONU.

Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a indiqué pour la première fois que, «la Suisse reconnaît la victoire électorale d'Alassane Ouattara certifiée par l'ONU» au scrutin présidentiel du 28 novembre.

Les pays de l'UE ont décidé de ne reconnaître que «les ambassadeurs nommés par le président Alassane Ouattara» et non ceux désignés par Laurent Gbagbo. Cette décision, prise la semaine dernière, n'a été a révélée que hier.

A Genève, une quinzaine de manifestants selon la police (30 selon les organisateurs) sont entrés dans la Mission de Côte d'Ivoire en même temps qu'à Berne, trois personnes se rendaient à l'ambassade. Ces partisans d'Alassane Ouattara entendaient déloger les ambassadeurs actuels, nommés par le président sortant Laurent Gbagbo.

Un changement d'ambassadeurs en Suisse ne semble toutefois pas imminent. A Genève, le premier conseiller de la Mission de Côte d'Ivoire a indiqué à l'ATS n'avoir «rien reçu officiellement». A Berne, le DFAE a indiqué, qu'il n'avait «pas reçu de demande d'agrément du gouvernement Ouattara pour un nouvel ambassadeur à Berne».

De son côté, l'Union européenne hausse le ton. Elle va porter de 19 à 61 le nombre de proches du président sortant qui seront interdits de visas. Cette nouvelle série de sanctions sera officialisée début janvier. Les ambassadeurs de l'UE chargés des questions de sécurité ont en outre planché sur un éventuel soutien logistique et naval à la force de maintien de la paix de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci), à la demande du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. L'Onuci est «asphyxiée» par le clan Gbagbo, a estimé une source diplomatique européenne.

Sur le terrain, les responsables de l'Afrique de l'Ouest ont annoncé que la discussion se poursuivait pour tenter de trouver une issue à la crise. Les présidents béninois Boni Yayi, sierra-léonais Ernest Koroma et capverdien Pedro Pires étaient venus voir mardi Laurent Gbagbo au palais présidentiel d'Abidjan pour lui adresser un ultimatum. Ils «y retournent le 3 janvier», a annoncé le chef de l'Etat nigérian, Goodluck Jonathan, président en exercice de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao, 15 pays).

Alors qu'un responsable capverdien estimait qu'une «intervention militaire» des pays d'Afrique de l'Ouest pour faire partir Laurent Gbagbo semblait «heureusement écartée pour le moment», le porte-parole du gouvernement Ouattara répliquait un peu plus tard que «l'option militaire reste sur la table», car c'est seulement le départ de Gbagbo «qui est en train d'être négocié».

Mais le clan Gbagbo s'est fait menaçant. Charles Blé Goudé, leader des «jeunes patriotes», partisans de Laurent Gbagbo, a affirmé qu'ils allaient «libérer à mains nues» à partir de samedi le Golf hôtel d'Abidjan qui sert de quartier général au camp d'Alassane Ouattara. /ats


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