02.08.2015, 19:45

Les manifestations continuent, la centaine de morts dépassée

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Au moins 102 personnes - dont 33 hier - ont été tuées en Egypte depuis le début mardi des manifestations contre le régime, ont indiqué tôt ce matin des sources de sécurité et médicales. Un précédent bilan faisait état de 92 morts.

Par ailleurs, plusieurs milliers de prisonniers se sont évadés de la prison de Wadi Natroun, à 100 km au nord du Caire, a indiqué ce matin une source au sein des services de sécurité. Ils ont provoqué une émeute au 6e jour d'une révolte contre le régime du président Hosni Moubarak.

Des milliers de prisonniers, dont un grand nombre d'islamistes détenus depuis plusieurs années, ainsi que des prisonniers de droit commun, se sont évadés dans la nuit après cette émeute durant laquelle ils se sont emparés des armes des gardes de l'établissement pénitentiaire, encore selon cette source sécuritaire.

L'Egypte, le plus peuplé des pays arabes avec ses 80 millions d'habitants, est en proie depuis mardi à un mouvement de contestation populaire sans précédent contre le régime du président Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 30 ans. /ats

Calmy-Rey appelle au respect des droits de l'Homme

La présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey est préoccupée par la situation des droits de l'homme en Egypte et de la sécurité de l'opposant et ancien directeur de l'AIEA, Mohammed el-Baradei. Elle demande au gouvernement égyptien de respecter les droits fondamentaux et les droits de l'homme.

Cette requête «comprend les libertés d'expression et de rassemblement», déclare Mme Calmy-Rey dans un entretien avec la «SonntagsZeitung». Elle attend que tous ceux qui ont fait usage de leurs libertés et ont été arrêtés pour cette raison soient relâchés.

La présidente de la Confédération est préoccupée par la sécurité de M. el-Baradei, ancien directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). L'opposant est rentré dans son pays la semaine dernière et se trouve actuellement en résidence surveillée./ats

La chaîne Al-Jazira interdite

Le ministre égyptien sortant de l'Information Anas el-Fekki a ordonné l'interdiction de la chaîne satellitaire Al- Jazira, a annoncé aujourd'hui l'agence officielle MENA. La chaîne de télévision a largement couvert les manifestations anti-gouvernementales.

Le ministre «a décidé que le service d'information de l'Etat devait fermer et annuler les activités de la chaîne Al-Jazira dans la République arabe d'Egypte, annuler toutes ses autorisations et retirer toutes les cartes (de presse) de ses employés à compter d'aujourd'hui», a rapporté la MENA.

Mais, quelques minutes après l'agence, la chaîne, qui a fait état de la décision égyptienne, continuait de diffuser ses programmes en Egypte. /ats

Israel veut préserver la paix avec l'Egypte

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé aujourd'hui qu'Israël voulait préserver la paix avec l'Egypte, en réaction à la vague de manifestations mettant en péril le régime du président Hosni Moubarak. L'Etat hébreu souhaite  aussi maintenir «la stabilité et la sécurité régionale».

«La paix avec l'Egypte dure depuis plus de trois décennies. Notreobjectif est que cela continue», a déclaré M. Netanyahu aux  journalistes à l'ouverture du conseil des ministres hebdomadaire.

«Nos efforts portent sur la préservation de la stabilité et la sécurité dans la région», a-t-il souligné. /ats

Beaucoup de monde des les rues aujourd'hui

Des milliers de manifestants au total ne décolérant pas contre le régime égyptien affluaient aujourd'hui à la mi-journée dans le centre du Caire, ont constaté des journalistes sur place. Ils exigeaient le départ du président Hosni Moubarak.

«Le peuple veut la chute du régime», «Moubarak dégage!», scandaient les manifestants qui s'agglutinaient Midan Tahrir, la «place de la libération» dans le centre de la capitale.

«Moubarak, Omar Souleimane (le nouveau vice-président), Ahmed Chafic (le Premier ministre) doivent tous partir. Ça fait 30 ans que ce régime est au pouvoir, ça suffit», a pesté un manifestant disant appartenir à la Gamaa Islamiya, des islamistes radicaux.

Laïcs, islamistes, jeunes et plus vieux se mêlent dans ces contestations sans précédent en Egypte, dirigée depuis 1981 par M. Moubarak qui a annoncé la nomination d'un nouveau Premier ministre et la création du poste de vice-président, octroyé au chef des renseignements, pour tenter d'apaiser la population.

Mesure sécuritaire lancée

Une femme qui a appelé à soutenir le président Hosni Moubarak a été chahutée par des manifestants en colère et a dû quitter la place Abdelmoneim Riad, qui jouxte la place Tahrir. L'Armée a bouclé le centre du Caire avec des chars d'assaut.

«L'armée doit choisir entre l'Egypte et Moubarak», pouvait-il être lu sur une grande banderole déployée dans le centre-ville.

Les heurts de ces derniers jours ont opposé des manifestants antigouvernementaux à la police, invisible dans les rues du Caire où les citoyens contrôlent eux-mêmes la circulation et se sont regroupés en comités de quartier armés pour se défendre des pillards.

«Le gouvernement veut que la population pense que Moubarak est la seule option face au chaos», estime Sameh Kamal, un jeune manifestant, en écho à une idée largement répandue selon laquelle le régime cherche à semer l'anarchie. /ats

L'opposition charge ElBaradei de négocier avec le gouvernement

Les Frères musulmans et d'autres mouvements d'opposition égyptiens ont chargé l'opposant Mohamed ElBaradei de «négocier» avec le régime du président Hosni Moubarak, a déclaré aujourd'hui un dirigeant de la confrérie.

Les Frères musulmans, principale force d'opposition en Egypte, ont par ailleurs rejeté aujourd'hui les nominations politiques décidées hier par le président Hosni Moubarak. Ils dénoncent «une tentative pour contourner les revendications du peuple et pour avorter sa révolution».

M. Moubarak a annoncé hier la nomination d'un nouveau Premier ministre, Ahmed Chafic, et la création du poste de vice-président, octroyé au chef des Renseignements, le général Omar Souleimane, en réponse aux manifestations sans précédent qui secouent le pays.

Des milliers de manifestants ne décolérant pas contre le régime affluaient aujourd'hui dans le centre du Caire pour exiger le départ du chef de l'Etat. «Le peuple veut la chute du régime», «Moubarak dégage!», scandaient les manifestants qui s'agglutinaient Midan Tahrir, la «place de la libération» dans le centre de la capitale.

Le Caire vit depuis mardi au rythme d'une contestation ayant fait plus d'une centaine de morts à Travers le pays. /ats

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