02.08.2015, 19:45

Nouveau gouvernement, même premier ministre

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Le premier ministre tunisien Mohammed Ghannouchi, dernier chef du gouvernement du président déchu Ben Ali, a été reconduit à la tête du gouvernement de transition remanié. Mais les principaux ministres de l'équipe Ben Ali ont été écartés.

Les postes clés de l'Intérieur, de la Défense, des Finances et des Affaires étrangères changent de mains. Les affaires étrangères sont confiées à Ahmed Ounaïs, un diplomate qui a servi sous les présidences de Habib Bourguiba et du président Ben Ali avant de prendre sa retraite. Le ministre des Affaires étrangères Kamel Morjane a annoncé sa démission avant l'annonce de la liste du nouveau gouvernement.

«La mission du nouveau gouvernement sera d'organiser des élections pour que le peuple choisisse en toute liberté», a déclaré Mohammed Ghannouchi, en appelant les Tunisiens «à retourner au travail». Le «gouvernement s'engage à ce que les élections soient organisées sous le contrôle d'une commission indépendante, en présence d'observateurs internationaux pour en garantir la transparence».

A Tunis, des centaines de manifestants ont exulté à l'annonce du nouveau gouvernement de transition épuré des principaux caciques du régime Ben Ali. Mais ils continuaient de réclamer le départ du premier ministre Mohammed Ghannouchi.

Juste avant l'annonce du remaniement ministériel, l'Union générale des travailleurs tunisiens avait fait part de sa décision de ne pas participer au prochain gouvernement. Mais l'UGTT a accepté que Mohammed Ghannouchi en reste le chef.

L'UGTT, qui a joué un rôle fondamental dans l'encadrement de la révolte populaire, a pesé de tout son poids pour obtenir le départ de l'exécutif des sept ministres ayant servi le régime corrompu et autoritaire de l'ancien chef de l'Etat.

Les manifestations se sont déplacées vers la ville de Sidi Bouzid, dans le centre du pays, berceau de la Révolution du Jasmin. «Non au vol de la révolution!» ont scandé les manifestants. Le long cortège s'est arrêté devant le palais de la justice sur le mur duquel était inscrit: «La révolution appartient au peuple et non aux partis d'opposition qui ont fait allégeance aux chiens du RCD (réd: Rassemblement constitutionnel démocratique, parti au pouvoir sous Ben Ali).»

La manifestation s'est déroulée sans incident, sous le contrôle d'unités de l'Armée déployées à la place de la police.

A Tunis, des milliers de manifestants poursuivaient le siège des bureaux du premier ministre de transition Mohammed Ghannouchi. L'armée a fait barrage à des professeurs et des élèves du secondaire en grève, qui tentaient de les rejoindre.

Par ailleurs, le chef du parti islamiste tunisien Ennahda, Rached Ghannouchi, en exil à Londres, prévoit de rentrer dimanche plus de 20 ans après avoir quitté la Tunisie.

Outre le remaniement, les autorités de transition ont prévu de former un «comité de sages» pour superviser la transition vers un régime démocratique. /ats-afp-reuters


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