25.07.2016, 09:22

Putsch en Turquie: 42 journalistes visés par un mandat d'arrêt

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La chasse aux sorcières se poursuit en Turquie. La presse est désormais visée.

sanctions La Turquie poursuit inlassablement ses purges suite au putsch raté tenté par une partie de son armée. Ce lundi, elle a lancé des mandats d'arrêts contre 42 journalistes.

Des mandats d'arrêt ont été délivrés à l'encontre de 42 journalistes dans le cadre des purges qui ont suivi le putsch du 15 juillet en Turquie, ont annoncé lundi les médias turcs. Ce pays n'est pas à l'heure actuelle en situation d'adhérer à l'UE, estime Jean-Claude Juncker.

Principale journaliste à être arrêtée, Nazli Ilicak, n'était pas à son domicile d'Istanbul et pourrait être en vacances sur la mer Egée, a indiqué le quotidien Hurriyet, qui a cité le procureur antiterroriste d'Istanbul Irfan Fidan. Née en 1944, Nazli Ilicak a créé un journal l'an passé, Özgür Düsünce (La libre pensée).

Samedi, le président Recep Tayyip Erdogan avait prévenu dans un entretien à France 24 que si "les médias soutiennent le coup d'Etat, qu'il s'agisse de médias audiovisuels ou autres, ils en paieront le prix". Il avait aussi averti: "C'est dans les lois, c'est dans le droit, les médias sont dans l'obligation de (respecter) la loi".

 

 

Le 19 juillet déjà, le régulateur turc des médias audiovisuels avait retiré leur licence à de nombreuses chaînes de TV et de radio soupçonnées de soutenir le réseau du prédicateur Fethullah Gülen, exilé aux Etats-Unis depuis 1999 et accusé d'être l'instigateur du putsch. La décision concernait 24 chaînes de TV et radios et 34 journalistes, considérés proches de ce religieux. Ils avaient été privés de leur carte de presse.

En mars, le quotidien Zaman et l'agence de presse Cihan avaient déjà été saisis et leur direction confiée à des administrateurs de l'Etat.

Par ailleurs, la police turque a mené lundi matin un nouveau coup de filet dans une école militaire d'Istanbul, où 40 personnes ont été arrêtées, selon l'agence de presse Anadolu.

Juncker indisposé

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a de son côté déclaré lundi sur la chaîne de TV France 2: "Je crois que la Turquie, dans l'état où elle se trouve, n'est pas en situation de pouvoir adhérer sous peu ni d'ailleurs sur une plus longue période" à l'Union européenne.

"Si la Turquie demain matin devait réintroduire la peine de mort, nous arrêterions immédiatement les négociations parce qu'un pays qui dispose dans son arsenal législatif de la peine de mort n'a pas sa place au sein de l'Union européenne", a ajouté le Luxembourgeois.

ATS

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