02.08.2015, 19:41

Frédéric Charpié dépose plainte contre le MCG

chargement
Par Stéphane Devaux

Frédéric Charpié décrit son action comme une «réaction citoyenne». Lundi soir, le secrétaire national de La Gauche a déposé au bureau de police de Tavannes une plainte pénale contre Eric Stauffer, président du MCG (Mouvement citoyen genevois). Objet de sa plainte, les propos du bouillant Genevois sur sa page Facebook, à mettre en lien avec l'actuel débat à Genève sur la sécurité.

Sur son forum, «accessible à tous les internautes», précise Frédéric Charpié, Eric Stauffer met en garde «la racaille de France», affirmant que l'«impunité va cesser». «C'est dans des cercueils que nous vous renverrons chez vous!», assène-t-il en guise de conclusion.

Pour l'habitant des Reussilles, il s'agit clairement de déclarations tombant sous le coup des articles du Code pénal suisse réprimant la discrimination raciale et la provocation publique au crime ou à la violence. D'où sa plainte, déposée après mûre réflexion et à titre personnel. «J'entends déjà les critiques, comme quoi ça fait de la pub à La Gauche et à Charpié. Moi, je le vois comme un signal. J'ai envie de voir ce que la justice pense de ce genre de dérives. Car Eric Stauffer a déjà franchi pas mal de lignes avec ses déclarations.»

Aux yeux du militant de la gauche de la gauche, il y a plus grave que les propos eux-mêmes. Il y a l'effet incitatif. «C'est vrai, je ne vois pas Eric Stauffer prendre un fusil. Mais ce qui m'a fait réagir, ce sont les réactions d'autres internautes, extrêmement remontés. Certes, les plus radicales ont été effacées du site, mais ça montre bien qu'en tant que personnalité reconnue et élue (réd: Eric Stauffer est député au Grand Conseil genevois), on a des responsabilités.»

Frédéric Charpié se dit aussi interpellé par le fait que ces propos sont souvent tenus par des «masses populaires en difficulté», ce qui l'incite à continuer de développer «un nouveau discours de gauche».

Concernant la plainte proprement dite, Soli Pardo, avocat d'Eric Stauffer, la juge «grotesque». Il estime que, n'étant pas lésé, Frédéric Charpié ne peut déposer plainte. Il ne voit par ailleurs aucune provocation publique au crime et à la violence dans les propos de son client: «Il voulait dire qu'il faut donner les moyens à la police de réprimer les braquages.» Le plaignant, lui, se réjouit de voir si la justice juge «ce que l'on dit» ou «ce que l'on veut dire».

La plainte sera transmise à un juge, qui devra dans un premier temps estimer si elle est recevable ou non. Quoi qu'il en soit, le débat est lancé.


Résumé du jour

Ne ratez plus rien de l'actualité locale !

Abonnez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir toutes les infos essentielles de la journée!

Recevez chaque soir les infos essentielles de la journée !

Top