02.08.2015, 19:42

Le Bel Hubert, c'est lui qui a vrai avec sa poésie

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Par YVES-ANDRÉ DONZÉ

Sourcils en jachère, rime riche en fumure, le cœur en étoupe, le Bel Hubert débarque vendredi à Tavannes au Royal avec son cinquième CD. Emotion et finesse garanties.

Le Bel Hubert, on ne peut le rencontrer que dans les lieux de convivialité. Au bistrot de préférence. «Longtemps pas au studio», corrige-t-il pour tester le niveau de langage de son interlocuteur. Le poète-garagiste de Sombeval, c'est pas parce qu'il répare des 2CV qu'il fait pas la vache. Il l'a même ressortie toute relookée dans son cinquième CD tout chaud, intitulé «Victor, ma vache et moi». Pourquoi ce titre? «C'est un titre qui sonne. Et puis Victor, c'est l'amant de ma vache. Il voulait figurer au casting». Des 14 nouveaux titres, sept ont été repris de son premier disque à la demande générale. Mais l'ensemble est empreint d'une patine du temps qui passe, avec une tendresse dans la voix qui fait penser à celle de Bourvil. D'abord, il y a l'amitié, celle de Sarcloret et de Simon Gerber. Les deux compères de la Quinzaine à Lausanne. Ils lui ont fait «Joli foutoir», une magnifique chanson du nouveau CD. Et puis Samuel Garcia un accordéoniste rencontré chez le premier qui habite Chorey-les-Beaune, en Bourgogne, 58 habitants et 400 vaches. Une sacrée musette pour notre francophile aux accents de Suze. Et Yves Jamait pour chanter avec lui et sa casquette. Ou encore Claude Rossel, le pianiste à qui toute la contrée chanson se doit de savoir détourer le son. Il lui a jazzifié cette «Page grise», récit d'une rupture douloureuse et qui rend l'Hubert plus bel encore, quand il conclut «C'est pas vrai que la terre est ronde /Je t'attends et tu reviens pas».

Ce qui a changé depuis tout ce temps? «Sarcloret m'a redonné l'envie de gratter ma guitare», avoue-t-il. Alors, il écrit en exergue de son album: «Quand on a décidé de rien faire, c'est pas le moment de boire pour oublier.» Pour oublier, il écrit des mots, les siens, pas ceux des grammairiens. «J'en ai eu des paquets de papier à foutre loin, parce qu'il faut être content avec son travail. Je n'ai pas une culture et l'habitude de l'écriture, ça me prend du temps.» Bien sûr, la vache, bon sang: «Il faudrait se détacher de cette affaire. Qui ne rêve pas de faire une chanson bien subversive qui serait interdite? Faut un sacré talent pour ça sans tomber dans le machin mielleux qui colle aux doigts ou des slogans de gland. Moi, j'ai ma langue parlée d'ici. Je la chante comme je l'entends, ça marche à bois». Cela donne des frottements d'images, des pensées, des paysages du dedans. Des abstractions même. Surréalistes?

Il se tait. Le temps d'évoquer encore sa chanson préférée «C'est toi qui as vrai». Elle dit au gamin «On va passer /Toujours du bon côté de l'arc-en-ciel /c'est toi qui as vrai, on va gagner /Du temps perdu et des plumes à nos ailes».

La paillardise? Pas question de la lâcher. Mais «c'est toutes des chansons d'amour avec des cons autour, ou au contraire, des chansons à la con avec de l'amour partout». Il invente, mais il reprend aussi, même une passe en Schwizerdütsch: «dr Ferdinand isch gstorbe /le Ferdinand est mort», une chanson du Brassens suisse allemand Mani Matter. Il reprend aussi une beauté de texte en français de France, «pour faire ch... mes anciens profs», grince-t-il en évoquant ses deux meilleurs jours d'école, le premier et le dernier. Cela donne une «Vieille chanson du jeune temps». La Musique est signée du Bel Hubert, les vers, de Victor Hugo. /YAD

Samedi 15 janvier, aux Hospitalières, Porrentruy, 20h30


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