02.08.2015, 19:02

Pour chasser l'amiante, Assena veille au grain

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Par BLAISE DROZ

En période de morosité, il paraît impensable de créer une entreprise. Pourtant, en fondant Assena, le Tavannois Jérôme Schoeni ne prend pas de risques inconsidérés. Il répond à un besoin absolu à l'heure où les cantons de l'Arc jurassien commencent à prendre en compte le désamiantage.

L'amiante, on le sait depuis la fin du 19e siècle, est une substance dangereuse. Ses fibres microscopiques qui s'infiltrent dans les alvéoles pulmonaires sont d'insidieuses tueuses. Mais l'industrie était passée outre les connaissances médicales naissantes et avait mis sur le marché du bâtiment des matériaux à base d'amiante. Reconnue pour ses qualités structurelles et son pouvoir ignifuge, l'amiante se trouve en quantités substantielles dans les bâtiments construits jusqu'à son interdiction, en 1991.

Afin de préserver la Santé, il convient désormais de retirer l'amiante des bâtiments. C'est le fameux désamiantage, terme entré dans le langage courant de nos voisins français comme des Genevois, canton en avance au niveau suisse. Les cantons de l'Arc jurassien sont en retard, mais dès le début 2009, une expertise est devenue obligatoire dans tout le pays, avant toute transformation d'un bâtiment public ou privé. En cas de présence avérée d'amiante, il faut assainir. Du coup, la région a besoin d'une entreprise spécialisée.

Tavannois, Jérôme Schoeni a senti venir ce nouveau besoin. C'est un autre Tavannois, Thierry Dutoit, qui avait fondé HSE-Conseils, puis Labtox. Installée à Bienne, Labtox n'est autre que le leader suisse des analyses d'amiante dans le bâtiment, tandis qu'HSE-Conseils est à la pointe en matière de diagnostic de bâtiments, de suivi de chantiers et de formation de diagnostiqueurs. Aujourd'hui, HSE-Conseils est piloté par Marc Dutoit, frère de Thierry. Si Assena vole de ses propres ailes, l'entreprise est coachée par Marc Dutoit durant sa phase de lancement.

Désamianter un bâtiment n'est en soi pas bien compliqué. Il suffit de s'attaquer au matériau incriminé avec un outillage tel que tournevis, leviers, spatules ou pinces après l'avoir humidifié. Toute la difficulté de la profession est de ne pas inhaler le dangereux toxique, ni de faire courir de risques aux futurs usagers du bâtiment. Les ouvriers spécialisés dans ce travail portent impérativement des masques et génèrent une forte dépression atmosphérique à l'aide d'extracteurs d'air dans les locaux confinés. Durant les travaux, les locaux ne sont accessibles que par des sas munis de douches, installées par Assena.

C'est ce traitement associé à l'usage permanent d'aspirateurs spécialement adaptés qui assure la qualité irréprochable du travail accompli. Et les locaux ne sont pas rendus à l'usage de leurs propriétaires avant un sévère test indépendant. Assena devient nécessaire à l'heure où Neuchâtel est en train d'adapter sa législation, que le Jura suit de près et que Berne est encore en attente d'une décision inévitable. /BDZ


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