06.08.2015, 14:41

Deux bouteilles d'eau pour 57 francs à Neuchâtel

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Sur les terrasses de la place des Halles, les prix pratiqués ne sont pas toujours les mêmes.
ARCHIVES RICHARD LEUENBERGER
Par FLORENCE VEYA

NEUCHATEL Scandalisé par un ticket reçu sur la terrasse du Charlot, un client raconte sa mésaventure. Le patron estime, lui, avoir fait un geste, tandis qu'un autre tenancier s'offusque.

Deux bouteilles d'eau pour 57fr.50. Stéphane Brammeier, habitant de Corcelles-Cormondrèche n'a pas encore avalé la manière dont il a été traité et, à son sens, arnaqué, par le patron d'un établissement de la place des Halles, à Neuchâtel.

Samedi 8 septembre, cet élu PLR du Grand Conseil, effectuait une sortie avec d'autres députés romands. Contents d'avoir trouvé des tables libres en cette radieuse journée, les onze compères s'installent sur la terrasse du Charlot.

"Comme nous voulions tous de l'eau minérale, nous avons demandé, par souci de faciliter la tâche du serveur, s'il nous était possible de commander deux bouteilles plutôt que onze verres" , raconte Stéphane Brammeier.

Trop belle montre

Quant bien même le bar ne sert que de l'eau en verre ou en petites bouteilles, le patron donne "exceptionnellement" son accord.

C'est lorsqu'arrive le moment de payer que les choses se gâtent. "Le ticket affichait 57fr.50, je n'en croyais pas mes yeux!" , s'exclame l'habitant de Corcelles, qui va droit à l'intérieur du bar dire au patron que ce prix ne joue pas.

"Il m'a répondu qu'il devait payer ses employés et a ajouté:'Vu la belle montre que vous portez, ça ne devrait pas vous poser de problème'".

Outré, Stéphane Brammeier sort un billet de 50 francs et le tend au patron en lui disant: "Je vous donne ça, je ne veux pas d'histoires. Il me dit, 40francs, ça va aussi.

J'étais tellement furieux de ce comportement malhonnête dans tous les sens du terme que j'ai posé mon billet et nous sommes partis."

Patron du Charlot, Christian Di Marco s'explique. "Je leur ai servi une bouteille d'un litre et une autre d'un litre et demi et j'ai calculé le prix en fonction du nombre de verres de 2 décilitres que j'aurais servi avec ces bouteilles.

" Ce qui amènerait le prix du verre de 2 dl à 4fr.60, alors que le patron dit les vendre trois francs et quelques centimes.

"Je suis là pour faire des affaires!" , s'exclame Christian Di Marco. " Si l'on veut quelque chose qui ne figure pas sur la carte, c'est forcément plus onéreux. Une bouteille de whisky coûtera plus cher que onze whiskies car il s'agit d'une commande particulière."

Et de poursuivre: "J'ai fait un geste au client, j'ai de plus réduit la note à 50francs et lui ai même proposé de lui offrir une tournée! Il a refusé, mais après discussion, nous nous sommes quittés en toute courtoisie." Christian Di Marco promet pourtant qu'on ne l'y reprendra plus.

"Je ne vendrai plus rien qui ne figure pas sur ma carte." Et de souligner: "Je tiens à soigner ma clientèle. Pour preuve, on peut venir consommer une boisson sur ma terrasse tout en mangeant un en-cas acheté ailleurs."

Situé juste en face du Charlot, le Saxo ne sert pas non plus d'eau en litre. "Ce n'est pas rentable" , reconnaît le patron, Gabriel Bongiovanni. "Nous, nous avons l'eau à la pression et nous vendons les deux décilitres 2fr.90.

" A son sens, un litre d'eau minérale ne devrait pas excéder les 15 francs dans un établissement public. "De toute manière, nous pratiquons des tarifs dégressifs en fonction de la quantité. Notre région n'est pas touristique et la ville compte beaucoup de cafés. Il s'agit donc de fidéliser les clients."

A l'énoncé des deux bouteilles d'eau facturées 57fr.50, Gabriel Bongiovanni lance tout de go: "Cinquante balles les deux litres, c'est carrément du vol autorisé! On se croirait dans une station balnéaire italienne."

Aucune directive

Les tenanciers d'établissements publics sont libres de pratiquer les tarifs qu'ils veulent. Président de GastroNeuchâtel, Michel Vuillemin est formel.

"Nous n'avons plus la possibilité, comme nous le faisions auparavant, de recommander des listes de prix. La Comco (réd.: commission de la concurrence) nous a reproché de faire de la cartellisation.

" S'il se dit "surpris" par un montant de 57fr.50 pour de l'eau, il conclut: "Chaque patron a le droit de faire ses prix, mais il faut qu'il les assume."


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