03.08.2015, 22:52

Il combat les flammes depuis 30 ans

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MARIÉ ET PÈRE DE FAMILLE, JEAN-BLAISE CURTIT CONSACRE ÉNORMÉMENT DE SON TEMPS LIBRE À SA PASSION: POMPIER.

VAL-DE-TRAVERS Jean-Blaise Curtit, commandant du centre de secours de Couvet, est entré chez les sapeurs-pompiers en 1981. Ce bénévole revient sur son parcours et sa passion «ignifugée».

Jean-Blaise Curtit a beau n'être né qu'en 1962, avoir commencé à travailler comme pompier en 1981, lorsqu'il évoque ses débuts, on croirait entendre des récits de temps plus lointains. «On avait encore des vieux casques américains et des petits gants de jardin», expose-t-il. «Parfois, le lobe de l'oreille éclatait. Comme on n'était pas bien protégés, on prenait vraiment toute la chaleur de l'incendie au visage.» 

 
Aujourd'hui, les tenues thermiques sont venues remplacer leurs devancières, et le pompier «a perdu la notion de température», ce qui l'oblige à porter une «grande attention à son Environnement pour savoir jusqu'où s'aventurer». Comme le résume le commandant du centre de secours du Val-de-Travers, «le feu est toujours le même, l'allumette craque de la même manière. Par contre, les techniques ont énormément évolué». 
 

«Il y a toujours un petit soupçon de peur» 

 
Ayant débuté «tout en bas», Jean-Blaise Curtit n'y est pas resté. Il a certes servi comme sapeur pendant onze ans. «Comme quoi ce n'est pas si facile de monter dans la hiérarchie.» Il a ensuite gradé: caporal, sergent, lieutenant, premier-lieutenant, commandant, puis major, en 2004. Malgré les échelons gravis, «une fierté» pour ce Covasson, l'homme rappelle qu'il ne pensait jamais durer aussi longtemps. «Mais quand on voit les camions et les pompiers partir, on a envie d'en être.» 
 
«Cadeau» dont il se serait bien passé, Jean-Blaise Curtit avait hérité à 19 ans d'une première intervention macabre: un jeune homme, victime d'un accident mortel, à désincarcérer de sa voiture. «C'est très impressionnant quand on est jeune. Avec les années, on encaisse mieux. C'est pas qu'on ne ressent plus rien, c'est juste qu'on est plus habitué à ce qu'on peut trouver dans l'auto.» 
 
Si cette résistance aux chocs doit faire partie du bagage d'un pompier, Jean-Blaise Curtit voit d'autres qualités nécessaires: «Le courage, car il en faut dans tous les domaines. Une fois, un homme m'a dit: 'Je ne vais pas dans ce feu, j'ai une famille!' Nous lui avons dit que, nous aussi, nous étions mariés et pères.» 
 
A l'écouter, c'est pourtant ce je- ne-sais-quoi de lucidité qui démarque les meilleurs, à l'image des grands footballeurs qui savent à l'avance où arrivera le ballon et l'usage qu'ils en feront. «Il y a toujours un petit soupçon de peur, un facteur de stress. Mais le travail en amont est précieux», souligne le commandant des pompiers. Et de citer l'exemple de l'officier, qui, arrivé cinq minutes avant les autres sur le lieu de l'incendie, «ne fait pas rien, mais identifie l'événement, prend des décisions pour que chacun sache tout de suite quoi faire au moment d'intervenir.» 
 

Un manque de reconnaissance 

 
Conducteur de trains à 100%, Jean-Blaise Curtit consacre la majeure partie restante de son temps à sa passion. «Parce que j'ai envie d'aider les autres et que c'est une activité qui m'a toujours fasciné.» Il remarque pourtant en Suisse un petit manque de reconnaissance, qu'il n'observe pas en France par exemple. «Là-bas, les pompiers sont des idoles. Ici, on oublie parfois que nous sommes bénévoles et qu'on se réveille en pleine nuit pour tenter de sauver des vies.»

L'incendie de Couvet

Le feu le plus monumental auquel Jean-Blaise Curtit se souvient avoir été confronté a ravagé trois bâtiments d'un quartier de Couvet en 2005. «On s'attendait à quelque chose de petit, mais on s'est retrouvé avec du gros. On avait été alarmé pour un feu de cheminée, mais on s'est fait avoir. Du gaz était passé entre les bâtiments. Avec l'arrivée d'air et de fumée chaude, il s'est enflammé et le feu s'est propagé d'une maison à l'autre. C'était d'autant plus délicat que les combles d'une vieille maison étaient en feu», se rappelle le pompier. Complètement détruits par les flammes, les trois bâtiments ont par la suite été reconstruits. NDO


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