02.08.2015, 19:42

Ghislain Hebert, un pro de NHL qui découvre le hockey international

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Par DAVOS / LAURENT KLEISL

A 29 ans, Ghislain Hebert est le deuxième plus jeune arbitre principal à officier aujourd'hui dans la prestigieuse National Hockey League (NHL) nord-américaine. Invité à la Coupe Spengler, cet Acadien francophone suit en quelque sorte un stage de formation dédié aux pros du sifflet.

Trois ans que ça dure. Trois ans partagés entre les paillettes de la NHL et l'obscurité de sa petite sœur, l'American Hockey League (AHL). «Depuis que j'ai signé mon contrat professionnel, que je suis en formation, mon temps est partagé entre les deux ligues», confirme Ghislain Hebert avec un accent chantant de là-bas. «Au rythme de trois à quatre matches par semaine, ça fait beaucoup de voyages en avion!» En première classe, bien sûr.

En une saison, Ghislain Hebert dirige 80 parties de championnat régulier. «Avec les séries et les matches d'exhibition, j'ai sifflé 97 rencontres lors du dernier exercice», précise-t-il. Un quota proche de celui imposé aux professionnels helvétiques, Brent Reiber, Danny Kurmann et Stéphane Rochette. «Nos contrats stipulent que nous devons siffler 85 matches en Ligue nationale par saison, rencontres de préparation et play-off compris. A cela s'ajoutent 15 parties internationales», précise Stéphane Rochette. Pro sur le circuit nord-américain, Ghislain Hebert est de facto privé de toutes compétitions estampillées IIHF, à l'exception des Jeux olympiques, «uniquement si la NHL y participe», nuance le Canadien.

Du coup, la Coupe Spengler lui sert de terrain d'études du hockey international. A Davos, Ghislain Hebert apprend. «Les règles ne sont pas exactement les mêmes qu'en NHL», observe-t-il. «Nous avons eu quelques meetings entre arbitres avant le tournoi pour nous ajuster.» La principale différence entre son sifflet et ceux du Vieux Continent réside dans l'utilisation que font les hockeyeurs de leur canne et de leur corps. «En NHL, où le jeu est bien plus physique, les joueurs sont moins sanctionnés sur les charges», explique Hebert. «Par contre, le standard est plus élevé chez nous concernant l'utilisation du bâton. En Europe, les arbitres sont plus larges lors d'accrochages avec la canne.»

Un détail, en fait. Parce qu'entre ici et là-bas, c'est quand les gants tombent, quand les poings rudoient les visages, que les arbitres ne sont pas d'accord. En NHL, les bagarres font partie du spectacle, du «package», entre superstars, hamburgers et boissons gazeuses. «La priorité, c'est la protection des joueurs», note Ghislain Hebert. «Mais souvent, les gars qui s'affrontent sont classifiés comme batailleurs. On leur laisse faire leur job et quand ils ont terminé, on leur donne une petite tape sur les fesses et chacun part de son côté.» Parfois, par provocation, par défi aussi, une vedette est chatouillée. «Par exemple, lorsqu'une star se fait provoquer par un jeune qui veut se montrer, on fait très attention, on intervient rapidement car la situation peut vite tourner à l'escalade.»

C'est qu'au boulot, Ghislain Hebert partage son temps avec Sidney Crosby, Alexander Ovechkin et tous les autres. Le sifflet en bouche et les yeux qui brillent. «Les premières fois, quand certains cracks vous parlent, il y a une part de fascination», confie Ghislin Hebert. «Souvent, on se croise au restaurant ou à l'aéroport. Ils sont très respectueux.» Par l'arbitrage, il suit ainsi la voie que son talent de joueur lui a d'abord refusée. «J'étais ailier gauche», souffle-t-il. «Chez nous, pour devenir hockeyeur professionnel, il faut passer par la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Comme je ne me suis pas fait repêcher, j'ai alors opté pour l'université. C'est là que je me suis lancé dans l'arbitrage. C'est une façon pour moi de travailler dans le hockey de haut niveau et d'assouvir ma passion.»

Et il s'en satisfait pleinement. Ainsi, si la Belgique a «Le vélo de Ghislain Lambert», le Nouveau-Brunswick a le sifflet de Ghislain Hebert... /LKL

«La Coupe Spengler, c'est bon pour la tête»

Si le HC Davos avait congé hier, c'est un peu grâce à Reto Berra. Sous les yeux de Kevin Schläpfer, son entraîneur au HC Bienne, le Zurichois de bientôt 24 ans a signé mardi soir une des meilleures performances de sa jeune carrière. Il est le grand artisan de la victoire grisonne 3-2 face au Team Canada.

Reto Berra, un match d'exception mardi et un blanchissage mi-décembre pour votre première sélection en équipe nationale, vous vivez une époque formidable!

Bien sûr, tout cela fait chaud au c½ur. Contre le Team Canada, je n'étais pas particulièrement nerveux avant d'entrer sur la glace, même si je me réjouissais de jouer. Je vis ma quatrième Coupe Spengler consécutive, je sais à quoi m'attendre et chaque fois, c'est une expérience exceptionnelle. Personnellement, c'est une très bonne chose de pouvoir montrer mon potentiel dans un match de cette importance. Et pour un gardien, être désigné meilleur joueur de son équipe reste une sensation particulière.

Le quotidien au HC Bienne n'est pas toujours rose. La Coupe Spengler vous aide-t-elle à vous revigorer?

Oui, la Coupe Spengler, c'est bon pour la tête, ça la nettoie! Un match comme celui face au Team Canada m'aide beaucoup, car j'en ressors avec un sentiment très positif qui augmente ma confiance. Cette confiance, je compte bien la ramener à Bienne, car je sais que je peux mieux jouer en championnat. Une rencontre de haut niveau disputée à la Coupe Spengler me montre en quelque sorte le chemin à suivre.

N'est-il pas plus facile de garder les filets derrière les défenseurs du HC Davos ou de l'équipe de Suisse que derrière ceux du HC Bienne?

On me pose souvent cette question, une question difficile... Mais je ne vois pas les choses ainsi. Bien sûr, c'est peut-être un peu plus simple qu'avec le HCB. Mais à Bienne également, je suis bien soutenu par mes défenseurs. Il ne faut pas les sous-estimer. /lk

L'exploit de Rochette

Mardi soir, au c½ur du «Clasico» Davos - Team Canada (3-2), Stéphane Rochette a réussi l'exploit peu commun de distribuer trois pénalités pour «retarder le jeu» en... 53 secondes, sanctions annoncées chaque fois contre des joueurs grisons. Une première, sans doute, depuis l'instauration de la règle en 2006. Peu après la mi-match, alors que Jaroslav Bednar venait de placer la barre à 3-1, Reto von Arx, Petr Sykora et Petr Taticek - les maladroits - ont tour à tour expédié la rondelle dans la tribune depuis leur territoire défensif. A la Vaillant Arena d'exploser...

«Quand j'ai vu que Taticek sortait aussi le puck, je me suis dit, ils veulent ma mort!», sourit l'arbitre canado-neuchâtelois. Qui ajoute: «Ces fautes sont évidentes et le règlement est très clair à ce sujet. Donc, je suis très à l'aise avec mes décisions.» Bien sûr, le défenseur du HCD Beat Forster n'a pas manqué de lui rappeler ses origines nord-américaines. «Si j'avais annoncé ces pénalités contre le Team Canada, il s'en serait bien trouvé un pour me dire que je suis Suisse!», rigole Stéphane Rochette.

Co-entraîneur d'Université Neuchâtel (1re ligue) en collaboration avec Marc Gaudreault, l'arbitre professionnel vit sa première Coupe Spengler. «Un honneur», dit-il. «J'apprécie beaucoup de siffler ici. Les joueurs ont un autre état d'esprit qu'en championnat, ils ne discutent pas systématiquement les décisions.» C'est en famille que Rochette passe la semaine au pied du Jakobshorn. Et avec la présence dans l'équipe arbitrale des «heads» Brent Reiber et Ghislain Hebert ainsi que du juge de ligne Silvain Losier, autant de compatriotes canadiens, sûr que Rochette se sent comme à la maison! /lkl

Succès pénible du Team Canada, qui affrontera Davos

Le Team Canada retrouvera Davos ce soir en demi-finale (20h15). Les Canadiens ont eu recours à la prolongation pour se défaire du Sparta Prague grâce à un but de Dupont à 1'40'' du terme. /réd

GE Servette retrouvera Saint-Pétersbourg en demi-finale

Vainqueur 2-0 du Spartak Moscou, GE Servette disputera les demi-finales contre le SKA Saint-Pétersbourg (aujourd'hui à 15h). Les Genevois ont fait la différence dans le premier tiers-temps par Fritsche et Park. /si

Coupe Spengler

«pré-demi-finales»

GE Servette - Spartak Moscou 2-0
(2-0 0-0 0-0)

Vaillant Arena:
5355 spectateurs.
Arbitres: Hebert (Can), Rochette, Kohler et Losier (Can).
Buts: 11e Fritsche (Park, Toms) 1-0. 18e Park (Pothier, Toms) 2-0.
Pénalités: 8 x 2' contre GE Servette; 7 x 2' + 5' (Bodrov) + pénalité de match (Bodrov) contre le Spartak Moscou.
Genève Servette: Stephan; Vukovic, Bezina; Pothier, Mercier; Gobbi, Höhener; Breitbach; Déruns, Salmelainen, Savary; Toms, Park, Fritsche; Walsky, Trachsler, Randegger; Conz, Hennessy, Cadieux.
Spartak Moscou: Hasek; Zheldakov, Baranka; Seleznev, Ryazhanov; Budkin, Bodrov; Vishnevsky; Radivojevic, Zhukov, Ruzicka; Lapenkov, Gubin, Mikush; Sikyakin, Fedorov, Knyazev; Lyuduchin, Mikhail Yunkov, Alexander Yunkov.

Team Canada - Sparta Prague 4-3 ap
(1-0 2-3 0-0)
Vaillant Arena: 5574 spectateurs.
Arbitres: Baluska (Slq), Reiber, Arm et Müller.
Buts: 11e Vigier (Metropolit, Cory Murphy) 1-0. 22e Pittis (Cory Murphy, Dupont, à 5 contre 4) 2-0. 28e Peter (Smolenak, Kurka) 2-1. 32e Brendan Bell (Metropolit, McLean) 3-1. 33e Peter (Smolenak, Macholda) 3-2. 37e Vyborny (Hanzlik, Macholda, à 5 contre 4) 3-3. 64e (63'20'') Dupont (Cory Murphy, à 4 contre 3) 4-3.
Pénalités: 4 x 2' contre le Team Canada; 6 x 2' contre Sparta Prague.
Team Canada: Deslauriers; Roche, Brendan Bell; Dupont, Popovic; Cory Murphy, Kwiatkowski; Westcott; Lehoux, Pittis, Mark Bell; Vigier, Metropolit, McLean; Kariya, Holden, Down; Brooks, Landry, Pelletier; Iggulden.
Sparta Prague: Popperle; Du Bois, Gulasi; Philipp, Husak; Macholda, Hanzlik; Kratena, Vyborny, Kafka; Ton, Koreis, Hromas; Treille, Bros, Lunak; Kurka, Peter, Smolenak.


Demi-finales

Aujourd'hui,
15.00: SKA St-Pétersbourg - GE Servette
20.15 Davos - Team Canada


Résumé du jour

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