02.08.2015, 19:45

La reconstruction d'une championne

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Par SESTRIÈRES / STÉPHANE FOURNIER

Un athlète se construit ou se reconstruit. Lara Gut a connu les deux évolutions. La première l'a conduit à deux médailles d'argent lors des Mondiaux de Val d'Isère en 2009. La deuxième la replace dans le sillage de Lindsey Vonn et de Maria Riesch deux ans plus tard. Une luxation de la hanche l'oblige dans l'intervalle à un passage sur le billard qui la prive de compétition durant une saison complète. Patrick Flaction a été l'un des architectes de l'éclosion de la Suissesse, puis de son retour. «J'étais à Tokyo lorsque Lara m'a téléphoné pour me parler de sa chute. Elle était en route vers l'hôpital», se souvient le préparateur physique de la Tessinoise. «Mes premières pensées ne contenaient ni dépit, ni jurons. La question qui me préoccupait était la durée de son inactivité. Elle est essentielle pour mon travail, plus que la nature de la blessure. Que la grippe ou une blessure soit en cause, on enregistre une perte de musculature de 40% dès la première semaine où l'on reste couché.»

La pratique médicale courante opère traditionnellement un taux de rétablissement fixé à une semaine de rééducation pour un jour de lit. «Les progrès de la médecine et de la préparation physique ont totalement changé l'approche de la convalescence», note le Valaisan. «Le repos était auparavant une priorité lors des premiers jours qui suivaient une opération. Actuellement, l'objectif du physio est d'intervenir le plus tôt possible. Je définis dans la mesure du possible un programme pour les parties les moins affectées. Lara enchaînait déjà des développés-couchés avec les haltères alors qu'elle ne pouvait pas monter des escaliers, elle a effectué des exercices dans l'eau quand elle ne pouvait pas marcher.»

Après trois mois de rééducation, Flaction et Gut alignent les semaines de travail en janvier 2010. «Nous ne sommes pas à ce moment-là dans une logique de performance, mais dans la gestuelle. Lara se déplace en jonglant avec deux ballons. Nous remettons en marche l'organisme. Le but des semaines suivantes est de lui permettre de se retrouver en avril dans les mêmes conditions qu'après une saison complète de ski afin de recommencer une préparation complète. Les voyages, la fatigue, le manque d'entraînement spécifique entraîne une perte d'un cinquième des capacités physiques durant l'hiver. Et un athlète n'est pas une machine. Dès la fin mars, elle a pu travailler en toute liberté avec la hanche et s'investir sans retenue dans la préparation de la saison suivante. En août et en septembre, elle était plus performante qu'aux mêmes dates avant sa blessure.»

Aujourd'hui. 10h30: descente. Demain. Super-combiné (super-G à 10h, slalom à 13h)


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