20.12.2018, 00:01

Loïc Meillard: «Ce premier podium est incroyable»

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A 22 ans, Loïc Meillard a signé son premier podium en Coupe du monde.

SKI ALPIN Loïc Meillard est monté sur la «boîte» du géant de Saalbach ce mercredi. Le Neuchâtelois, deuxième, restait toutefois lucide et focalisé sur la suite.

Loïc Meillard tient son premier podium en Coupe du monde de ski alpin. Le Neuchâtelois a pris ce mercredi la deuxième place du géant de Saalbach, où il n’a été devancé que de 0’’19 par le Slovène Zan Kranjec.

Il n’a pas manqué grand-chose au skieur d’Hérémence (VS) pour signer à 22 ans la première victoire de sa carrière. S’il n’avait pas eu autant de respect sur le dernier mur, il aurait été tout en haut sur la «boîte». «Ce premier podium est incroyable», a-t-il malgré tout déclaré. «J’ai bien skié en première manche, même si je n’ai pas assez attaqué sur le bas. Mais je n’ai aucun regret. Sur la deuxième, j’ai senti la fatigue dans le dernier mur.»

De la fatigue, parce que ce géant de Saalbach était très long. Près de trois minutes d’effort sur une piste qui n’est pas sans rappeler celle d’Adelboden. «C’est dans la tête, il faut serrer les dents», précisait Loïc Meillard en évoquant les jambes qui brûlent en fin de manche.

Déjà tourné vers le slalom

Troisième de la première manche derrière Matts Olsson et Manuel Feller, Loïc Meillard a profité de ces deux éliminations pour réaliser le meilleur résultat de sa carrière. Seul Zan Kranjec a fait mieux pour fêter son premier succès en Coupe du monde. Mathieu Faivre a complété le podium. Avant cette course, le meilleur résultat de Loïc Meillard était une quatrième place au géant d’Are lors des dernières finales de la Coupe du monde.

«Je vais profiter un petit peu», glissait-il avec l’esprit déjà porté sur le slalom d’aujourd’hui. «On remet les compteurs à zéro, et les jours de course s’enchaînent, mais je me sens encore vite dans les jambes.»

En slalom, Loïc Meillard n’a qu’une seule référence chronométrique à Levi, où il avait pris la sixième place. «Il faut maintenant opérer le changement du géant au slalom, vu qu’il me reste deux courses en 2018 avec le slalom de Saalbach et celui de Madonna samedi», conclut-il. «On va essayer de bien terminer l’année.»

Caveziel 12e

Trois autres Suisses sont entrés dans les points. Gino Caveziel a pris la 12e place, alors que Cédric Noger est entré pour une première fois dans les points à la faveur de son 18e rang. Troisième à Beaver Creek, Thomas Tumler s’est classé 23e avec de nombreuses fautes sur les deux parcours. Grandissime favori, Marcel Hirscher n’a pas réussi à dompter cette piste. Il a fini sixième, à 0’’77 de Kranjec. 

Doublé pour Stuhec, Flury encore 4e

Victorieuse la veille de la descente, Ilka Stuhec a fait coup double à Val Gardena. La Slovène a enlevé le super-G ce mercredi. Ilka Stuhec s’est imposée pour cinq centièmes devant l’Autrichienne Nicole Schmidhofer et la Liechtensteinoise Tina Weirather pour cueillir un troisième succès dans la discipline. Comme la veille, Jasmine Flury a eu l’infortune de se classer au quatrième rang, à un centième du duo Schmidhofer-Weirather. Les autres Suissesses ont terminé en retrait avec la 14e place de Joana Haehlen, la 18e de Priska Nufer. Corinne Suter (23e), Michelle Gisin (24e) et Lara Gut-Behrami (25e) sont encore plus loin.

Ilka Stuhec est la troisième skieuse à signer un doublé en vingt-quatre heures cette année après Nicole Schmidhofer à Lake Louise et Mikaela Shiffrin à Saint-Moritz. «Lors des trois coups de la saison, je me suis imposé une trop grande pression», avouait la Slovène. «Mais depuis lors, je suis parvenue à skier avec tout le relâchement voulu.»
«Perdre la course pour six centièmes et rater le podium pour un centième: je peux effectivement nourrir des regrets», lâchait Jasmine Flury. «D’autant que je sais où je les ai perdus. Mais le positif doit l’emporter. Si l’on m’avait dit mardi matin que je me classerais quatrième de la descente et du super-G, j’aurais signé tout de suite.» 

Marc Girardelli et l’imbroglio de la station bulgare de Bansko

Les déclarations surprises de la légende luxembourgeoise du ski Marc Girardelli, qui a revendiqué détenir la station bulgare de Bansko, ont été accueillies avec circonspection en Bulgarie. Certains voient l’ancien champion comme «un homme de paille».

«Il est évident que l’économie bulgare passe entre les mains d’hommes de paille», a affirmé un responsable de l’opposition socialiste, Kroum Zarkov, insistant pour «obtenir une information complète sur la propriété d’Ulen», la société concessionnaire de Bansko. Sceptique aussi, un ex-ministre de l’environnement, Ulian Popov, s’est demandé si Girardelli n’avait pas été mis en avant «pour laver l’image publique d’Ulen» et faire avancer ses projets très controversés d’élargissement de la station en zone naturelle protégée.

Ce mardi, dans une interview, Marc Girardelli a dit avoir acquis il y a deux ans la société Ulen, qui gère Bansko et ses 75 km de pistes dans la chaîne de Pirin, plus importante station des Balkans et réputée l’une des moins chères d’Europe.

Atteintes à l’environnement

Quintuple vainqueur de la Coupe du monde, l’ancien skieur est consultant depuis 2004 de la Fédération bulgare de ski. Le nom de Bansko est depuis plusieurs années associé à des accusations d’atteintes à l’environnement, voire de corruption, sur fond d’opacité de gestion.

Après l’annonce du skieur, le site bulgare d’investigation Bivol.bg a affirmé, documents à l’appui, que Marc Girardelli n’apparaît pas comme propriétaire d’Ulen dans les registres commerciaux. Selon Bivol, Ulen appartient à une Chypriote, Augusta Papadopoulou, qui l’a racheté en mars 2017 à un autre Chypriote, Georgius Georgiou.

Marc Girardelli affirme avoir acquis Ulen dès 2016, sans préciser à qui il avait acheté la société. Le premier ministre bulgare Boïko Borissov avait pourtant affirmé il y a quelques mois qu’Ulen appartenait «comme tout le monde le sait à Tseko Minev», président de la Fédération bulgare de ski. L’intéressé avait démenti. «Si Girardelli était devenu en 2016 propriétaire de cette société, il l’aurait annoncé pour attirer des touristes», a noté l’écologiste Lubomir Kostadinov.

«Pour moi le véritable propriétaire n’est toujours pas connu», estime Toma Belev de la coalition de défense de l’environnement For the Nature. Ce groupement écologiste dénonce depuis plus d’un an le projet d’expansion du domaine skiable. Il a appelé à une nouvelle manifestation le 27 décembre. Des commentaires sceptiques abondaient hier sur les réseaux sociaux. «Est-ce Girardelli qui a acheté Ulen ou est-ce Ulen qui a acheté Girardelli?» s’interrogeait un ancien député de droite, Grozdan Karadjov. 

ATS

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