28.06.2016, 13:56

Français à l'école: les cantons prônent la prudence

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"Les harmonisations du système éducatif doivent s'opérer par la voie de la coordination intercantonale", une voie qui exige "patience et respect", affirme la CDIP. (illustration)

Ecoles La Conférence suisse des directeurs cantonaux de l'instruction publique estime qu'une intervention fédérale dans le dossier des langues comporte "des risques considérables". Elle prône donc la prudence et l'usage de précautions.

Si la Confédération intervient sur le dossier des langues, cela peut se transformer en "épreuve de force à l'échelle nationale", selon la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l'instruction publique (CDIP). Elle a écrit dans ce sens au conseiller fédéral Berset, lequel prépare une révision de la loi.

Une intervention fédérale dans le dossier des langues comporte "des risques considérables" selon la CDIP. Aussi, la Conférence appelle-t-elle à étudier la question avec toute la proportionnalité et les précautions qui s'imposent.

"Les harmonisations du système éducatif doivent s'opérer par la voie de la coordination intercantonale", une voie qui exige "patience et respect", affirme la CDIP dans une lettre publiée sur son site internet. Tous les cantons poursuivent leur investissement important dans ce sens, selon la Conférence intercantonale.

La stratégie des langues adoptée en octobre 2014 par la CDIP prévoit l'enseignement de deux langues étrangères dont au moins une langue nationale déjà à l'école primaire. Mais ce principe est remis en question dans divers cantons suisses alémaniques, notamment Thurgovie, Glaris, Zurich et Lucerne.

Révision de la loi en préparation

Le but d'une harmonisation de l'enseignement des langues étrangères semble "concrètement mise en danger", selon le chef du Département fédéral de l'intérieur (DFI), Alain Berset. Le conseiller fédéral a du reste plusieurs fois annoncé son intention d'intervenir sur ce dossier, si les cantons sacrifiaient la deuxième langue nationale dans leurs plans scolaires.

Or le chef du DFI considère aujourd'hui que les signes se multiplient et que le moment d'une intervention législative est venu. Aussi a-t-il chargé l'Office fédéral de la culture de préparer un projet de consultation concernant la révision de la loi sur l'enseignement des langues.

Crainte d'un référendum

Dans sa réponse à Alain Berset, la CDIP émet des doutes quant à l'opportunité d'une intervention fédérale. Elle ne veut pas empiéter sur la prérogative des cantons de définir les programmes, notamment en ancrant dans la loi des règles trop précises.

Dans le climat actuel, une intervention fédérale sur ce dossier aurait toutes les chances de se heurter à un référendum, selon Jacques-André Maire, président d'Helvetia Latina. On risquerait d'aller vers une défaite en votation populaire, ce qui aurait des conséquences catastrophiques, a-t-il déclaré à la RTS mardi.

Deux initiatives parlementaires visant à modifier la loi sur les langues ont déjà été refusées par la commission de l'éducation du Conseil des Etats en 2015. Ces textes portaient atteinte à la souveraineté des cantons, selon la commission.

ATS

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