06.08.2015, 14:27

Les routes suisses restent mortelles

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Même si le trafic continue d'augmenter considérablement, le nombre de victimes de la route en Suisse a fortement diminué ces dernières décennie.

SECURITE ROUTIERE Une personne décède tous les jours des suites d'un accident de la route.

Les systèmes d'assistance de conduite pourraient à l'avenir réduire de moitié les accidents de la route, même les plus graves, selon des estimations. Pour la seule année dernière, sur les 23'562 personnes accidentées recensées en Suisse, 320 ont trouvé la mort.

Et 4437 ont été gravement blessées, 18'805 ont subi des blessures légères. En moyenne un être humain décède par jour des suites d'un accident routiers, selon les données de l'Office fédéral des routes (OFROU).
 
Même si le trafic continue d'augmenter considérablement, le nombre de victimes de la route en Suisse a fortement diminué ces dernières décennies, et celui des blessés également reculé.
 
C'est au début des années 1970 que le nombre d'accidents de la route le plus élevé a été enregistré. En 1971, sur près de 30'000 cas d'accidents, 1773 personnes sont décédées. Pourtant à l'époque, le parc automobile pour 1000 habitants était deux fois moins important qu'aujourd'hui.
 
Avec 42 morts de la route pour un million d'habitants en 2010, la Suisse affiche un quota de victimes bas en comparaison européenne. Le taux le plus bas a été enregistré en Suède avec 28 personnes tuées pour un million d'habitants. A l'autre extrémité de l'éventail figure la Grèce avec 111 victimes de la route pour un million d'habitants, puis la Pologne (102) et l'Italie (68).

 

Les assistants de conduite éviteraient la moitié des accidents

 
 
La moitié des accidents de la route pourrait être évités si tous les véhicules étaient munis d'assistants de conduite électronique, selon une étude de l'assureur Allianz. Mais il faudra encore des années pour que ces systèmes se généralisent.
 
Cela durera encore presque trente ans jusqu'à ce que 95% des voitures soient équipées d'un système d'assistance au conducteur, a dit Markus Riess, chef d'Allianz Allemagne, dans le propre centre de recherche technique de l'assureur, situé près de Munich.
 
Le stabilisateur électronique (ESP pour Electronic Stability Programm) a été introduit en 1995 pour mieux contrôler la trajectoire d'un véhicule dans des cas limtes. Depuis, 60% des voitures en bénéficient, selon M. Riess. Et l'antiblocage de sécurité (ABS) a fait ses débuts en 1978 déjà.
 
Depuis, beaucoup d'autres équipements ont fait leur apparition: avertisseur de distance, surveillance de l'angle mort ou système de freinage d'urgence automatique, pour n'en citer que quelques-uns. Ils visent à faciliter la tâche du conducteur, et à pallier d'éventuelles erreurs humaines.
 
L'assistant de trajectoire déclenche ainsi une alarme, lorsque le véhicule menace de dévier de sa route, dans le cas par exemple où le conducteur serait distrait par un banal changement de station de radio.
 
Potentiel important
 
Les systèmes de freinage d'urgence dit "actifs", qui agissent en fonction d'un obstacle, présentent le plus grand potentiel d'évitement d'accidents. Grâce à eux, 45% des accidents avec blessés pourraient être évités, a montré une étude d'Allianz menée en collaboration avec la Haute Ecole de Munich, pour laquelle plus de 2000 accidents graves ont été analysés.
 
Et des régulateurs de vitesse qui accordent l'allure sur celle du véhicule qui précède permettent aussi de réduire sensiblement la fréquence de manoeuvres de freinage brusques. Grâce à ce genre de régulateurs et aux systèmes d'alarme de distance, 42% des carambolages sur l'autoroute pourraient être évités, explique Johann Gwehenberger, chercheur chez Allianz.
 
Les aides au parcage permettent pour leur part d'éviter jusqu'à 40% des dommages qui se produisent lors de ces manoeuvres, estime Markus Riess. Ils représentent la plus grande part d'accidents enregistrés, suivi des collisions.
 
Facteur humain
 
Pourtant beaucoup de conducteurs décident d'ignorer ces systèmes d'assistance. Il y a plusieurs raisons à ce rejet. Tout d'abord le fait que conduire une voiture est associé au sentiment de liberté. Avec les systèmes d'assistance, le danger est que le conducteur se déresponsabilise de ses tâches et se laisse distraire par d'autres activités sans rapport avec la route.
 
Un autre problème survient lorsque le système est trop sensible; des alarmes se déclenchent pour des raisons minimes et le conducteur y devient moins attentif.
 
La politique des prix des fabricants pour ce genre d'équipements est aussi un obstacle. Les majorations de prix pour ces équipements de haute technologie représentant plusieurs milliers de francs, ce qui pousse nombre d'acheteurs à y renoncer.
 
Le problème se situe au niveau de la politique d'équipement des fabricants. Pour certaines voitures, les systèmes d'assistance les plus utiles s'obtiennent uniquement en combinaison avec d'autres équipements, qui ne sont pas forcément pertinents en matière de sécurité.

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