Eclairage
 06.02.2019, 18:10

Eclairage: «La rue ne pose pas de question, elle demande des réponses»

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Marche pour le climat à Neuchâtel, le 2 février 2019.

Climat Nos journalistes mettent en perspective des sujets d’actualité régionale, sportive, nationale ou internationale avec des analyses ou des éclairages. Aujourd’hui, Luc-Olivier Erard évoque la motion populaire lancée par les jeunes militants de la grève pour le climat.

Luc-Olivier ErardA Neuchâtel, en 1990, les jeunes terminant l’école obligatoire font l’apprentissage de leur autonomie sociale et politique dans un monde qui change pour le mieux. Après la chute des dictatures de l’Est, l’idée qui domine est que la démocratie et le développement s’imposeront partout. L’essentiel des adultes s’en sortent alors matériellement mieux que leurs parents. Les menaces qui pèsent sur leur mode de vie sont moindres. La mort des forêts est remise à plus tard, Tchernobyl semble un traumatisme à même d’enterrer le nucléaire. L’égalité progresse. 

Des changements qui se matérialisent aussi au niveau local. Bientôt, les tunnels sous la ville rendraient nos rues aux piétons et aux vélos. Le système politique semble alors en mesure de répondre aux questions nouvelles de manière consensuelle. C’est dans ce contexte que mûrit le futur conseiller d’Etat Laurent Favre, 46 ans aujourd’hui.

Durant les trente ans qui suivent, ce ne sont pourtant pas l’égalité et la démocratie libérale qui s’imposent, mais le commerce international et la numérisation. Le progrès est loin d’être en panne (recul de la pauvreté, de l’illettrisme, du niveau de violence et de la mortalité précoce). Mais chez nous, le débat public se concentre de manière quasiment obsessionnelle sur deux questions, les finances publiques et l’immigration. Avec des changements extrêmement modestes dans d’autres domaines.

La jeunesse descend dans la rue mieux formée, mieux informée et plus ambitieuse que la génération précédente.
 
Les progressistes ont dû jouer profil bas, oubliant l’idée même d’Europe et espérant que l’environnement s’en sortirait avec quelques subventions pour l’énergie propre.

Questionné dimanche, dans «Forum» (RTS La Première) au sujet de la motion des manifestants pour «sauver le climat» qui exigent «l’état d’urgence climatique», Laurent Favre a répondu: «Cela fait plusieurs années que cet appel est entendu», égrainant les politiques cantonales en faveur de l’environnement.

La jeunesse descend dans la rue mieux formée, mieux informée et plus ambitieuse que la génération précédente. En postulant qu’elle ignore ce que fait le canton pour l’environnement, Laurent Favre se fourvoie. Une réponse à la hauteur des attentes, ce n’est pas un exposé de son bilan, c’est un plan pour zéro émission carbone d’ici à 2030. Serait-il réalisable politiquement, acceptable socialement? Pas sûr. Mais il existe des certitudes, même quand on joue au loto: cent pour cent des gagnants auront tenté leur chance.


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