Neuchâtel Xamax FCS
 30.12.2011, 06:01

Explosion des dettes de Xamax

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Explosion des dettes de Xamax
Par SANTI TEROL

POURSUITES Chagaev continue d'ignorer la majorité des créanciers du club.

Six millions de francs! En chiffres ronds, tel est le montant réclamé par plus de 80 de créanciers de Neuchâtel Xamax SA. Le montant est impressionnant. Il a presque doublé en trois mois, selon l'extrait du registre des poursuites daté du 28 décembre que "L'Express" et "L'Impartial" s'est procuré.

Le 22 septembre, 29 créanciers réclamaient déjà 3,4 millions de francs à Xamax. Fin octobre, lorsque le Tribunal civil de Neuchâtel a repoussé la demande de mise en faillite sans procédure préalable émanant d'un intermédiaire genevois, ils étaient pratiquement une septantaine. La liste n'a fait qu'enfler depuis en dépit des bonnes dispositions montrées à l'époque par la direction du club.

 

Bonne volonté

 

Grâce aux prêts octroyés par une banque russe à Bulat Chagaev, Neuchâtel Xamax avait pu verser les salaires des joueurs et des employés du club. De même, la société s'était mise à désintéresser des créanciers. Concrètement, Xamax a réglé 29 factures directement à l'Office des poursuites pour un montant total de 276 000 francs. Une somme qui vient en déduction des 112 poursuites et commandements de payer signifiés ces derniers mois au locataire de la Maladière et qui représentent un total de 6,136 millions de francs.

Parmi les créanciers qui ont été réglés, figurent une caisse cantonale de chômage, des hôtels, garages, instituts de recouvrement, une pharmacie, des sociétés immobilières ou un vigneron de l'Entre-deux-Lacs. Mais ce n'est pas le cas, par exemple, des caves Kuntzer, à Saint-Blaise. "Quand je téléphone au secrétariat du club, on me répond en rigolant qu'il n'y a pas de sous" , explique le patron de cet encavage. "Mon vin rouge a dû leur rester en Travers de la gorge" , poursuit en rigolant Jean-Pierre Kuntzer, avant de préciser qu'il est désormais résolu à prendre un avocat pour faire avancer les choses. A l'image de l'ex-entraîneur qui demandait le séquestre des voitures de Xamax.

 

46 nouvelles requêtes

 

Reste que les signes de bonne volonté de Xamax ont pris fin en même temps que la société anonyme a évité la faillite. La dernière poursuite payée remonte au 31 octobre 2011. Depuis cette date-là, ce ne sont pas moins de 46 nouvelles requêtes qui ont été déposées par des créanciers de tous ordres. Hôteliers, assureurs, Ville et Etat de Neuchâtel, et régies immobilières figurent en bonne place. Il se murmure du reste qu'une certaine agence immobilière de la place envisage de résilier des baux. Mais la société en question n'a voulu ni confirmer ni infirmer. Quant à la caisse cantonale neuchâteloise de compensations, elle réclame, à elle seule, quelque 610 000 francs d'arriérés.

 

Cap des 10 millions doublé

 

Et ces chiffres ne sont que la partie visible de l'iceberg. A ces six millions potentiels (tout n'est peut-être pas justifié), il faut aussi ajouter le million d'euros non payé sur le transfert de Kalu Uche, les salaires de novembre et décembre (largement plus de deux millions) les poursuites de Pro'Imax (457 000 francs) et de nombreux dossiers en suspens avec des agents de joueurs et la justice. A ce rythme, la barre des dix millions semble déjà avoir volé en éclat.

 

Studer veut son million

 

Après Bulat Chagaev qui réclame un million de francs à "L'Illustré" (notre édition d'hier), c'est au tour de l'Etat de Neuchâtel de faire valoir une prétention de cet ordre-là à Neuchâtel Xamax. L'office du contentieux de l'Etat a lancé des poursuites à hauteur de 947 000 francs. Somme que l'Etat n'effacera pas, bien au contraire, puisque le chef des Finances menace clairement de requérir la faillite de Xamax si les versements dus n'interviennent pas dans les délais fixés. "Nous avons deux types de créances envers Xamax: celles qui concernent les frais de sécurité et celles qui regardent le recouvrement des impôts à la source pour les salariés étrangers" , explique Jean Studer. Côté sécurité, précise le chef de Département, l'Etat a produit une facture de plus de 800 000 francs pour les saisons écoulées. "Mais elle fait l'objet de recours à la Cour de droit public; elle n'est donc pas exigible et ne figure pas aux poursuites" , note Jean Studer. Par contre, celle de 106 000 francs concernant les matches de cette saison n'a pas été contestée par-devant la justice et apparaît bel et bien sur l'extrait. Tout comme les rappels relatifs aux impôts à la source. Soit une facture de 640 000 et une autre de 200 000 francs, qui ont été déposées le 22 décembre à l'office des poursuites. STE


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