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 26.02.2019, 12:01

Les exportations suisses de matériel de guerre se portent bien

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Les livraisons effectuées en 2018 concernaient principalement des armes de tout calibre et des munitions, des véhicules blindés ainsi que des composants pour avions de combat.

Matériel de guerre Les exportations de matériel militaire ont représenté 509 millions de francs en 2018. Les chiffres publiés mardi par le Secrétariat d’Etat à l’économie vont alimenter le débat actuel sur les ventes d’armes.

Les exportations suisses de matériel de guerre se portent bien. Elles se sont chiffrées à 509 millions de francs l’an dernier. Le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) a présenté mardi ses statistiques alors que le débat sur les ventes d’armes fait rage.

Les exportations ont augmenté de 63 millions par rapport à 2017. Il n’est toutefois pas possible de comparer les résultats de 2018 avec ceux des années précédentes, estime le SECO. Les statistiques sont en effet établies sur une nouvelle base et prennent désormais en compte les réparations et les exportations temporaires.

Les principales opérations ont concerné la livraison de véhicules blindés à roues vers le Danemark (59 millions) et vers la Roumanie (22,5 millions) ainsi que les exportations de l’armée suisse en lien avec la liquidation de chars en Allemagne (9 millions) et de missiles Sidewinder aux États-Unis (8 millions).

 

Simon Plüss, responsable maîtrise des armements, Seco, au micro de Keystone-ATS:

 

Au top 5 de pays d’exportations, on retrouve l’Allemagne (118 millions), suivie du Danemark (73,5 millions), des États-Unis (51,9 millions), de la Roumanie (22,5 millions) et de l’Italie (19,6 millions). La Suisse a aussi vendu du matériel de guerre au Pakistan (10,9 millions) aux Emirats arabes unis (9,8 millions), à Oman 6,3 millions et au Bahreïn (3 millions).

Dans des proportions moindres, des armes ont également été exportées vers l’Arabie Saoudite (2,2 millions), l’Inde (1,7 million), le Koweit et le Qatar (183’000 francs chacun), la Turquie (96’000 francs), Israël (34’000 francs) et la Jordanie (11’000 francs).

Arabie Saoudite

Pour l’Arabie Saoudite, il s’agit essentiellement de matériel de conduite de tir. Les ventes vers ce pays sont fortement critiquées du fait de son implication dans le conflit au Yémen ainsi que dans le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi.

L’an dernier, la Suisse a décidé de ne plus livrer jusqu’à nouvel ordre de pièces de rechange à Riyad. Depuis 2009, Berne n’autorisait plus les exportations de matériel de guerre vers l’Arabie Saoudite, à l’exception des pièces de rechange, des munitions et des armes à feu à usage privé.

Depuis 2016, les demandes pour du matériel présentant un risque élevé d’utilisation dans le conflit au Yémen sont rejetées. S’agissant de l’Arabie saoudite, seules les exportations de pièces et de munitions destinées à des systèmes de défense antiaérienne ont entre-temps été autorisées.

Munitions et blindés

Réparties en catégories de matériel, 34% des livraisons effectuées en 2018 concernaient des munitions et de leurs composants pour armes de tout calibre, 24,5% de véhicules blindés, 10,4% de composants pour avions de combat, 10,1% d’armes de tout calibre et 6,8 % de matériel de conduite de tir.

Les armes à épauler et de poing forment l’essentiel des ventes vers l’Inde, la Jordanie, le Koweït et le Qatar. Les autres armes de tout calibre ont intéressé Oman et le Pakistan. Ce dernier aussi reçu du matériel de conduite de tir. Cette catégorie représente l’essentiel des exportations vers la Turquie. Les Emirats arabes unis ont principalement acheté des munitions, le Bahreïn des aéronefs et Israël des véhicules.

Des chiffres qui vont alimenter le débat

Les chiffres publiés mardi par le Secrétariat d’Etat à l’économie vont alimenter le débat sur les ventes d’armes. Le peuple devra vraisemblablement se prononcer sur une initiative populaire qui veut serrer la vis.

La discussion a démarré en juin dernier, lorsque le Conseil fédéral a annoncé un assouplissement d’ordonnance. Il voulait autoriser des exportations d’armes vers des pays en conflit interne, s’il n’y a aucune raison de penser que les armes seront utilisées dans ce conflit.

Face à la bronca soulevée, le gouvernement est revenu sur sa décision. Il en reste à la pratique actuelle qui interdit d’exporter si le pays de destination est impliqué dans un conflit armé interne ou international.

L’initiative populaire veut entériner cette pratique. Elle veut aussi prohiber les exportations de matériel de guerre vers les pays violant systématiquement et gravement les droits humains ainsi que s’il y a un risque élevé que les armes soient utilisées contre la population civile ou transmises à un destinataire final non souhaité.

ATS

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